Limiter le risque de diabète de type 2 passe aussi par dormir ni trop, ni trop peu, …

  • van Dijk D & al.
  • Diabetes Metab
  • 12 nov. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude suggèrent que les individus qui dorment peu (3 à 5 heures par nuit) ou beaucoup (≥9 heures) auraient une moindre sensibilité à l’insuline que les autres. Ces individus auraient d’ailleurs un IMC moyen supérieur à ceux qui dorment 7 heures (p

En revanche, aucune association entre la durée du sommeil et la sécrétion de l’insuline n’a été mise en évidence à travers cette étude, ni d’ailleurs entre la dette en sommeil et la sensibilité à l’insuline ou la sécrétion d’insuline. Ces données suggèrent que le sommeil pourrait jouer un rôle important vis-à-vis de la résistance à l’insuline et pourrait avoir un lien avec le développement du diabète de type 2. Les auteurs évoquent plusieurs mécanismes en jeu, l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) ou du système sympathique qui en augmentant les taux de cortisol, contribue à la résistance à l’insuline, aux dyslipidémies et à l’obésité abdominale. La diminution de la durée du sommeil serait également associée à l’activation des voies de l’inflammation et à la surexpression du TNF-alpha qui conduit à l’augmentation de la résistance à l’insuline et à une glycémie plus élevée. Enfin, la restriction en sommeil impacte les hormones régulatrices de la faim – augmente les taux de ghréline (responsable de la satiété) et diminue les taux de leptine (responsable de la sensation de faim). Ces hypothèses rejoignent le fait que l’IMC pourrait contribuer fortement à l’association mise en évidence entre la durée du sommeil et le risque de développer un diabète de type 2.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Cette étude va plus loin que les études précédentes en utilisant des tests spécifiques d’évaluation de la sensibilité à l’insuline et de sa sécrétion. Elle a par ailleurs évalué non seulement l’impact de la durée du sommeil sur ces critères mais également l’impact d’une dette en sommeil. 

Méthodologie

Les données utilisées pour les analyses proviennent de données transversales à trois ans de suivi de l’étude multicentrique AGIR-RISC (comprenant plus de 1.500 hommes et femmes sains, âgés de 30 à 60 ans, sélectionnés à partir de 19 centres répartis dans 14 pays européens). Les données concernant la durée totale de sommeil et la dette de sommeil sont issues de questionnaires interrogeant les participants sur leur durée de sommeil durant la semaine et le week-end. La sensibilité à l’insuline et la sécrétion d’insuline ont été estimées à partir de plusieurs tests et index validés (test d’hyperglycémie provoquée par voie orale, taux de clairance métabolique de Stumboll, index de sensibilité à l’insuline de Stumboll, …). Le taux de glucose et d’insuline ont été mesurés toutes les 30 minutes après un test d’hyperglycémie par voie orale. La dette en sommeil était calculée en mesurant la différence absolue de sommeil par jour entre le week-end et la semaine.

Principaux résultats

Au total, les données de 1.002 individus ont pu être analysées (46% d’hommes, âge moyen 48 ans). La durée moyenne de sommeil était de 7 heures ± 1 heure [3-14] et la durée moyenne de la dette de sommeil était de 1 heure ± 1 heure [0-8].  Les sujets qui dormaient entre 3-5 heures ou ≥9 heures avaient un IMC supérieur à ceux qui dormaient 7 heures (p

Principales limitations

Les données concernant le sommeil étaient auto-rapportées ne permettaient pas de savoir s’il s’agissait de durées de sommeil régulières ou juste d’habitudes temporaires.