Lien entre contraception hormonale progestative et dépression : mythe ou réalité ?

  • Worly BL & al.
  • Contraception
  • 20 févr. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Lecture critique
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À retenir

En dépit d’une perception fréquente au sein de la population, il est difficile de conclure fermement à un lien entre l’ensemble des méthodes de contraception progestative et la dépression au regard des preuves de la littérature disponibles à ce jour. Une minorité d’utilisatrices pourraient éprouver des symptômes dépressifs mais les études les plus robustes ne montrent aucune association entre la contraception progestative seule et la dépression.

Principaux résultats

Au total, 26 études ont été répertoriées, dont 5 essais randomisés contrôlés, 11 études de cohortes et 10 études transversales. Une très faible association a été mise en évidence entre la contraception progestative et la dépression.

Aucune corrélation n’a été établie dans cinq études portant sur des implants transdermiques (faible qualité de preuves et haut risque de biais), ni dans quatre études sur cinq évaluant des dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel (niveaux de preuves de qualité variée et risque moyen de biais). Trois essais portant sur des injections intramusculaires d’acétate de médroxyprogestérone (utilisé comme contraceptif aux Etats-Unis mais réservé à la cancérologie en France) ont montré aucune différence en termes de dépression (niveaux de preuve de qualité et risque de biais variés). Enfin, deux études portant sur des pilules contraceptives progestatives n’ont montré aucune augmentation des scores de dépression (niveaux de preuves de qualité variée et présentant des biais), alors qu’une étude a montré une association entre les pilules progestatives, les dispositifs intra-utérins et la dépression (bonne qualité et risque de biais moyen).

Pourquoi est-ce important ?

Du fait des risques ou des effets indésirables associés aux œstrogènes, nombreuses femmes font le choix d’une méthode de contraception formulée uniquement avec un progestatif. Cependant, l’exposition même à de faibles niveaux de progestatif est associée à des effets indésirables de type prise de poids, acné, changement d’humeur et dépression. Ce dernier effet indésirable a été tout particulièrement rapporté sous acétate de médroxyprogestérone. Le lien entre contraception progestative et dépression n’est toujours pas clair. D’où l’intérêt de cette revue systématique de la littérature.

Méthodologie

Revue de la littérature à partir des bases de données PubMed, Ovid, Web of Science afin d’identifier les articles en langue anglaise ayant évalué le lien entre contraception progestative et dépression (uniquement sur des mesures validées) jusqu’en septembre 2016.

Principales limitations

Les études utilisent des échelles d’évaluation des symptômes dépressifs variées. Les taux d’abandon, parfois élevés, ne précisent pas toujours la cause.