LIBERTY : efficacité de l’erenumab dans la migraine épisodique résistante

  • Reuter U & al.
  • Lancet
  • 22 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon les données de l’étude LIBERTY, menée chez des sujets adultes présentant une migraine épisodique n’ayant pas été soulagée par plusieurs traitements de fond, l’erenumab permet de multiplier par plus de 2 le nombre de patients ayant réduit d’au moins 50% la fréquence des crises chaque mois par rapport à un placebo (OR:2,7) à l’issue de 12 semaines de suivi. Après leur communication au dernier congrès de l’AAN (American Association of Neurology), ces données viennent d’être publiées dans le Lancet.

  • L’étude LIBERTY vient conforter l’intérêt apporté aux anticorps anti-CGRP. Elle présente l’avantage de s’être intéressée à des sujets chez lesquels plusieurs traitements de fond n’ont pas permis de soulager efficacement les crises, sujets qui sont nombreux en pratique clinique, même si la diversité des profils migraineux inclus dans une étude randomisée comme celle-ci peut aussi constituer une limitation, selon l’éditorial qui accompagne la publication.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’erenumab e st l’ un des anticorps monoclonaux développés pour cibler l e CGRP (c alcitonin gene-related peptide ), un neuropeptide i mpliqu é da ns la physiopat hologi e de la migraine. Après des é tudes ayant démontré l’efficacité de la molécule dans la prévention des épisodes migraineux des formes épisodiques ou chroniques, il était nécessaire d’évaluer si elle pouvait aussi réduire la fréquence de la migraine dans les formes épisodiques résistantes à plusieurs autres traitements préventifs.

Méthodologie

  • LIBERTY est une étude clinique randomisée de phase 3b menée en double aveugle contre placebo dans 59 centres issus de 16 pays. Elle a recruté des sujets de 18 à 65 ans présentant une migraine épisodique avec ou sans aura depuis au moins 12 mois et ayant souffert de 4 à 14 jours de migraine par mois durant les 3 mois précédant l’inclusion. Ils devaient avoir été traités sans succès (efficacité et/ou tolérance) par 2 à 4 traitements prophylactiques.

  • La randomisation (1:1), après stratification sur la fréquence des crises avant l’inclusion, a permis d’assigner les patients à un traitement par erenumab (140 mg SC) ou à un placebo toutes les 4 semaines durant 12 semaines, après une phase de screening (2 semaines) puis d’inclusion (4 semaines). Ensuite, l’étude a été poursuivie en ouvert durant 156 semaines.

Principaux résultats

  • Au total, 121 et 125 ont été respectivement inclus dans les groupes erenumab et placebo, avec des caractéristiques comparables (80-82% de femmes, 44 ans d’âge moyen, IMC 24,9-25 kg/m², 9,2-9,3 jours de migraines par an, 35-36% de formes avec aura). Le traitement prophylactique le plus fréquemment utilisé était le topiramate, puis l’amitriptyline et le propranolol (85%, 46%, 45%).

  • À 12 semaines, le nombre de patients ayant atteint une diminution d’au moins 50% du nombre de jours de migraine par mois (critère d’évaluation principal) était de 30% dans le groupe erenumab contre 14% sous placebo (OR:2,7 [1,4-5,2], p=0,002). La proportion de ceux atteignant une diminution d’au moins 75% ou de 100% était respectivement de 12% contre 4% (OR:3,2 [1,1-9,0], p=0,025) et de 6% contre 0%.

  • Les résultats montrent que le taux des sujets atteignant le critère d’évaluation principal dès les semaines 5-8 était supérieur dans le groupe erenumab (versus  bras placebo) et que les résultats étaient équivalents quel que soit le traitement prophylactique arrêté.

  • Les critères secondaires (nombre de jours de traitement antimigraineux, score MPFID) étaient en faveur de l’erenumab.

  • En matière de tolérance, 55% des sujets sous erenumab et 54% de ceux sous placebo avaient présenté au moins un évènement indésirable, 2% et 1% des évènements graves, respectivement, tandis que 1% de ceux sous placebo avaient dû arrêter le traitement pour cause d’intolérance, contre aucun sous erenumab

Principales limitations

La courte durée de suivi à 12 semaines constitue une limite qui sera levée par les futures données de suivi en ouvert sur 156 semaines.

Financement

L’étude a été financée par Novartis Pharma.