L’hypnose réduirait l’impulsivité chez les sujets obèses

  • Delestre F & al.
  • Am J Clin Nutr

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Une équipe francilienne a comparé l’éducation nutritionnelle seule ou associée à l’hypnose et l’auto-hypnose sur la désinhibition alimentaire des sujets obèses.

À retenir

  • Chez les adultes obèses et ayant un score de désinhibition élevé, l'hypnose et l'auto-hypnose semblent améliorer les mécanismes liés au comportement alimentaire avec une diminution du score de désinhibition et une normalisation plus fréquente de ce score par rapport à des personnes qui n’ont reçu que des sessions d’éducation nutritionnelle.

  • Une légère baisse de poids et contrôle de l’IMC semblait aussi associée à cette prise en charge.

  • Ces résultats exploratoires doivent être confirmés par d'autres essais de plus forte puissance.

Pourquoi est-ce important ?

La détresse psychologique et la désinhibition (alimentation incontrôlée en réponse à des signaux cognitifs ou émotionnels) sont souvent exacerbésexacerbées chez les sujets atteints d’obésité. Or, l’hypnose a été décrite comme ayant une efficacité sur la prise en charge de facteurs psychocomportementaux. Une équipe française a donc voulu évaluer si une telle prise en charge pouvait aider des sujets obèses à contrôler leur consommation alimentaire.

Méthodologie

L’étude a inclus des sujets âgés de 18 à 70 ans présentant une obésité (30 ≤ IMC < 40 kg/m²) et avec un score de désinhibition >8 dans le questionnaire TFEQ-51 (Three Factor Eating Questionnaire). Ils ne devaient pas avoir déjà été pris en charge nutritionnellement et devaient avoir un poids stable depuis trois mois.

Ils ont été randomisés entre un groupe contrôle et un groupe hypnose : tous ont suivi huit séances d’éducation nutritionnelle. et lLe groupe hypnose ont a aussi bénéficié de 8 séances d'hypnose combinées à une formation à l'auto-hypnose, qui avaient lieu immédiatement après chaque séance d’éducation.

Principaux résultats

Au total, 82 patients (âge moyen 47 ans, 34,5 % de femmes, 35 kg/m²) ont été randomisés entre le groupe hypnose et le groupe contrôle s deux groupes et suivis 8 mois après la prise en charge.

Huit mois après la prise en chargeÀ l’issue de ce temps, le score de désinhibition était plus faible dans le groupe hypnose que dans le groupe contrôle : après ajustement sur le score initial, le score moyen de désinhibition à 8 mo était de 6,0 et 10,2 dans les groupes hypnose et contrôle respectivement (p<0,001). Au total, 88% des patients du groupe hypnose ont eu une réduction de leur score de désinhibition d’au moins 2 points, contre 42% dans le groupe contrôle. Ainsi, ils étaient 67,7 % à avoir normaliser leur désinhibition (contre 11,1% dans le groupe contrôle ; pP < 0,0001).

À 8 mois, une tendance à la baisse de poids a été observée (différence entre les deux groupes 1,8 kg [-0,1 à 3,7 kg, p=0,052). L'IMC, qui était comparable à l’inclusion (35,6 vs 35,1kg/m² dans les groupes hypnose et contrôle) était significativement plus faible à 8 mois dans le groupe hypnose (34,7 vs 35,4 kg/m², p=0,028). En revanche, la composition corporelle en masse grasse et en masse maigre à 8 mois n’était pas différente entre les deux groupes. Enfin, le score de susceptibilité à la faim était également amélioré par la prise en charge par hypnose vs le groupe contrôle (p<0,001).

Aucune influence du sexe sur les résultats n'a été observée.