Les traitements progestatifs influencent-ils le risque de mélanome ?

  • Cervenka I & al.
  • Am J Epidemiol
  • 29 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

L’étude E3N (Étude Epidémiologique auprès de femmes de l’Éducation Nationale) a exploré l’éventuelle relation entre la prise de progestatifs en préménopause et le risque de mélanome au sein d’une très large cohorte. Les résultats montrent après ajustements multiples, l’absence de relation significative entre les deux. La prise de plusieurs progestatifs, ainsi que la durée d’utilisation d’un progestatif n’étaient pas associées à une augmentation significative du risque de mélanome. Enfin, les analyses n’ont pas permis non plus de confirmer une éventuelle relation de l’effet phototoxique des progestatifs dans cette relation.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Des données de la littérature suggèrent qu’il existerait une association entre les hormones sexuelles et le risque de mélanome. Cependant, alors que les œstro-progestatifs sont inscrits au groupe I des agents cancérogènes par l’International Agency for Research on Cancer (IARC), et que les progestatifs ont été associés à une augmentation du risque de cancer du sein, les données sur l’association entre les hormones sexuelles et le risque de mélanome reste débattu. Il était donc intéressant d’évaluer cette association à partir d’une très large cohorte.

Protocole de l’étude

L’étude E3N est une étude prospective menée auprès de femmes âgées de 40 à 65 ans à l’inclusion. Celles-ci ont été suivies entre 1992 et 2008, et devaient répondre à un questionnaire tous les 2 à 3 ans. 

Les associations entre la prise de progestatifs en préménopause et le risque de mélanome ont été ajustées notamment les paramètres socio-démographiques et anthropométriques, les antécédents personnels et familiaux liés au risque de mélanome, à l’utilisation de traitement hormonaux et aux pathologies gynécologiques. 

Principaux résultats

Au cours d’un suivi moyen de 13,4 années, 540 cas de mélanome ont été confirmés parmis les 79.558 femmes suivies.

La durée moyenne cumulée de prise d’un progestatif en préménopause était de 3,4 ans. 

Si les analyses ont montré une association entre la prise de progestérone auto-déclarée et le risque de mélanome (hazard ratio 1,23 [1,02-1,47]), cette association n’était pas confirmée après ajustement sur les facteurs de risque de mélanome. L’association entre la prise de norpregnane ou de dérivés de la testostérone et le risque de mélanome disparaissait également après ajustement. L’utilisation de plusieurs type de progestatifs était associée à une augmentation, mais non significative du risque de mélanome de 9% (HR 1,09 [0,82-1,45]). Aucune relation n’a été mise en évidence chez les utilisatrices de progestatifs en fonction de la durée de l’utilisation, de l’âge de début ou de fin de traitement, ou du temps entre les deux ou entre le début du traitement et la ménopause.