Les traitements anti-puces dangereux pour le développement cérébral de l'enfant


  • JIM Vu par vos patients
Les traitements anti-puces destinés aux animaux de compagnie peuvent contenir des substances toxiques dangereuses pour le développement cérébral de l'enfant. Chaque année, la marque de jardinerie Botanic collecte les pesticides auprès de ses clients pour les faire analyser. Cette année, cette campagne a été élargie aux antiparasitaires chimiques des animaux. Et les résultats des analyses ont de quoi inquiéter.

En utilisant les sprays, pipettes et autres colliers anti-puces, les propriétaires d'animaux font entrer dans leur environnement des neurotoxines de la famille des pyréthrinoïdes, comme la perméthrine et la tétraméthrine. Selon une étude réalisée en juin 2015 par l'INSERM, ces substances absorbés par voie digestive ou cutanée provoqueraient des retards de développement chez l'enfant. L'augmentation des taux urinaires de deux métabolites des pyréthrinoïdes, témoins de la métabolisation par l'organisme de ces toxiques, est associée chez l'enfant à une baisse significative des performances cognitives, en particulier la compréhension verbale et la mémoire de travail.

Les traitements antiparasitaires peuvent également contenir du fipronil, une neurotoxine mise en cause par les chercheurs du Groupe de travail sur les pesticides systémiques (TFSP). « Plus on est exposé jeune à cette molécule, plus cela peut avoir des conséquences sur le neurodéveloppement, car c'est pendant la grossesse et les premières années que se construisent le système nerveux et le cerveau », confirme Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS et membre du TFSP. Cette substance est d'ailleurs interdite dans l'Union européenne pour l'élevage destiné à la consommation humaine.

Les experts enjoignent les autorités sanitaires européennes à retirer le fipronil et les pyréthrinoïdes des anti-parasitaires utilisés sur les animaux domestiques. Ils rappellent que de nombreuses alternatives naturelles existent pour débarrasser les animaux de compagnie des puces et tiques. C'est le cas de l'huile de Neem qui agit comme répulsif. Pour traiter la maison, les huiles essentielles de palmarosa, citronnelle, arbre à thé, lavandin ou géraniul rosat sont également efficaces. Mais même s'ils sont naturels, ces produits ne sont pas forcément inoffensifs, en particulier chez la femme enceinte. Avant de les utiliser, l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien s'impose.