Les thyroïdites de Hashimoto peuvent se compliquer de lymphomes thyroïdiens

  • Dr Jean-Fred Warlin

  • JIM Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Les lymphomes thyroïdiens (LT) sont rares et sont supposés dériver d'un tissu lymphoïde acquis au cours d'un processus auto-immunitaire, c'est à dire en pratique d'une thyroïdite de Hashimoto (TH) ; cette maladie entraînerait un risque de LT 60 fois plus important que celui de la population générale. Le LT se présente classiquement comme un goitre qui grossit rapidement chez un patient suivi pour TH. Cette transformation peut aussi être plus lente. Le diagnostic de LT est parfois porté sur l'immuno-marquage, mais surtout sur la cytoponction ou sur l'histologie de la pièce opératoire (lobectomie ou thyroïdectomie subtotale).

Une équipe japonaise rapporte 9 cas de LT apparus entre 2005 et 2014, au cours de la surveillance échographique (tous les 6 à 12 mois pendant 3 à 18 ans) d'une TH. Tous les malades étaient des femmes de 53 à 85 ans, et tous les LT étaient de type MALT (tissu lymphoïde associé aux muqueuses). Toutes ont eu une scintigraphie au gallium67 et une a bénéficié en outre d'un pet-scan. Les 9 femmes avaient été traitées pour TH (auto-anticorps antithyroïdiens positifs), dont 7 par lévothyroxine pour hypothyroïdie sans que le taux de thyroxine libre ne varie avant le diagnostic de LT. Il y avait 6 LT nodulaires, 2 mixtes et un diffus.

Evolution globalement favorable

Chez 3 patientes seulement, un goitre clinique avait précédé le diagnostic de LT ; chez les 6 autres, c'est l'apparition d'un nodule hypo-échogène, qui n'existait pas 6 à 12 mois plus tôt, voire son augmentation de volume, qui a donné l'alerte ; une fois, l'échographie a trouvé des adénopathies bilatérales.

La cytoponction a été en faveur d'un LT 6 fois, mais dans les 3 autres cas, elle en restait au diagnostic de MH, ce qui explique que le diagnostic n'ait été porté que 2 à 30 mois après la découverte du nodule hypo-échogène à l'échographie.

La chirurgie seule (thyroïdectomie subtotale avec curage) a été employée 2 fois (patientes de 85 ans), l'irradiation seule 1 fois, et les 6 autres patientes ont eu le traitement combiné.

L'évolution a été favorable chez toutes sauf chez une (toujours en vie) chez laquelle la maladie a gagné les amygdales et les poumons et qui a reçu une chimiothérapie.