Les thérapies comportementales de groupe améliorent l’incontinence urinaire

  • Diokno AC & al.
  • JAMA Intern Med
  • 4 sept. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’étude GLADIOLUS menée chez des femmes incontinentes de 55 à 91 ans montre qu’une séance de thérapie comportementale de groupe de 2h est sûre et coût-efficace pour réduire la fréquence et la sévérité de l’incontinence urinaire. La qualité de vie est également améliorée. Même si l’amélioration obtenue reste relativement modeste sur le plan clinique, probablement du fait d’une intervention unique, ces thérapies à faible coût et faciles à mettre en œuvre peuvent constituer une première approche susceptible d’apporter un bénéfice en termes de symptômes et de qualité de vie.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

L’incontinence urinaire (IU) est fréquente chez les femmes âgées et diminue notablement leur qualité de vie, sans parler des coûts associés. La rééducation des muscles du plancher pelvien tient une place essentielle dans les différentes recommandations de prise en charge. Mais des approches comportementales courtes et plus globales se sont développées et semblent apporter des résultats encourageants pour prévenir et réduire les symptômes d’IU dans cette population. Elles intègrent de l’information sur le fonctionnement de la vessie, les gestes de la toilette, un entraînement ou des stratégies de contrôle vésical, et se pratiquent en groupe. L’étude  Group Learning Achieves Decreased Incidents of Lower Urinary Symptoms (GLADIOLUS) a évalué l’efficacité, le coût et le rapport coût/efficacité d’une intervention unique de 2h, en groupe, chez des femmes âgées souffrant d’IU d’urgence, de stress ou mixte.

Méthodologie

Cet essai contrôlé randomisé et réalisé dans 3 centres médicaux publics américains a recruté des femmes de 55 ans et plus vivant en communauté et souffrant d’IU. Les capacités cognitives étaient évaluées à l’inclusion et l’absence d’infection urinaire vérifiée par bandelette. Les femmes incluses étaient randomisées dans un groupe avec thérapie comportementale de groupe (TCG) ou sans (absence de traitement). L’intervention consistait en une séance de 2h avec présentation d’un diaporama et remise d’un livret et d’un CD qui contenaient des éléments d’information sur le tractus urinaire, le fonctionnement de la vessie et du plancher pelvien, les bases physiologiques de la continence, les différents types d’IU et leurs effets, des exercices de rééducation du plancher pelvien et de la vessie et des stratégies visant à supprimer les IU de stress et d’urgence, ainsi que des conseils pour les intégrer à la vie quotidienne.

Résultats

  • 463 femmes de 55 à 91 ans (64 ans en moyenne) ont été randomisées, 232 dans le groupe TCG et 231 dans le groupe contrôle.
  • Les scores d’incontinence sur l’International Consultation on Incontinence Questionnaire Short Form (ICIQ-SF, score de 0 à 21) ont été améliorés à 3 mois dans le groupe TCG par rapport au groupe contrôle. La différence était significative, mais modeste sur le plan clinique : 0,96 points [-1,51 à -0,41]. La réduction médiane des scores était améliorée de 1 point dans le groupe TCG à 3 mois, de 2 points à 6 et 9 mois et de 1 point à 12 mois. La différence était significative sur tous les points de mesure.
  • Peu de femmes ont retrouvé une continence complète, 4,1% dans le groupe TCG et 1,5% dans le groupe contrôle.
  • Le groupe TCG a obtenu des résultats significativement supérieurs sur l’ensemble des critères secondaires (excepté sur la force musculaire du plancher pelvien), notamment sur le nombre de jours « secs » sur le calendrier mictionnel à 3, 6, 9 et 12 mois, ainsi que sur le score de qualité de vie liée à l’incontinence (I-QOL) et le ressenti des patientes (Patient Global Impression of Improvement, PGI-I) à 3 et 12 mois.
  • L’analyse coût-efficacité a montré que la TCG était une méthode efficace pour améliorer les symptômes d’IU. Par ailleurs, aucune différence n’a été observée entre les groupes sur le plan des effets indésirables.

Limites

L’essai n’a pas été mené à l’aveugle, patients et médecins connaissaient le groupe d’attribution.