Les tatoueurs vont-ils dépister les mélanomes ?

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Lors des dernières journées dermatologiques de Paris (6-10 décembre 2016), le Dr Nicolas Kluger, dermatologue spécialisé dans les tatouages, a présenté les résultats d’une étude où il a cherché à savoir si les tatoueurs pourraient avoir un rôle de sentinelles dans la détection précoce des mélanomes et des cancers cutanés.
Il a interrogé via Internet des tatoueurs français et finlandais. Il a obtenu quatre-vingt réponses (échantillons limité mais quand même significatif).
Les principaux résultats montrent :

  • 80% des tatoueurs (71/80) affirment examiner systématiquement la peau du client avant le tatouage ;  
  • 52,5 % (42/80) ont déjà remarqué une lésion « suspecte » ou « inhabituelle » chez au moins un de leur client l’année précédente ;
  • 77,5 % (62/80) ont déjà conseillé à leur client d’aller consulter un médecin pour leur peau ;
  • plus de 86 % (69/80) à penser que le tatoueur a un rôle important à jouer dans le dépistage du mélanome ;
  • 97,5 % (78/80) seraient prêts à apprendre à reconnaître les lésions suspectes chez leurs clients.

Cette étude semble confirmer que certaines catégories professionnelles ont un rôle possible à jouer dans le dépistage des mélanomes (comme cela a déjà été souligné dans plusieurs études américaines pour les coiffeurs).

Le Dr Kluger précise qu’une expérience est en cours sur la région de Bristol (Royaume-Uni), avec des tatoueurs actuellement entraînés par des médecins hospitaliers à la reconnaissance des signes d’alerte du mélanome.
Il conclut de son enquête que « Les tatoueurs pourraient être impliqués davantage dans la prévention et la détection précoce des cancers de la peau auprès de leurs clients. Une formation adaptée pourrait être envisagée auprès de cette profession. »

Dr Olivier Chabot