Les sujets présentant des MICI seraient-ils plus à risque d’événement artériel aigu ?

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Les MICI incluent la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), toutes deux caractérisées par une inflammation intestinale et systémique. Or, l’inflammation systémique est impliquée dans la pathogenèse de l’athérosclérose et associée à l’augmentation du risque d’événement artériel aigu.

Méthodologie

  • Le projet BERENICE a évalué des données françaises à partir du PMSI.
  • Tous les patients âgés de 15 ans et plus ayant reçu le diagnostic de maladie inflammatoire des intestins entre 2008 et 2013 ont été identifiés et suivis jusqu’au 31 décembre 2013.
  • Le taux des événements artériels aigus survenus au cours de cette période a été calculé et l’impact dans le temps d’une maladie intestinale active sur ce risque a été évalué après ajustement sur les facteurs de risque cardiovasculaires traditionnels, constitués de l’hypertension, l’hyperlipidémie, le diabète de type 2, l’obésité, le tabagisme, la consommation d’alcool.

Résultats

  • 5.554 évènements artériels aigus sont survenus chez les 210.162 individus ayant reçu le diagnostic de MICI (97.708 pour une maladie de Crohn et 112.254 pour une rectocolite hémorragique).
  • Sur les 5.554 évènements artériels aigus, 3.177 (57,2%) ont eu une maladie ischémique cardiaque, 1.715 (30,9%) une maladie cérébrovasculaire et 662 (11,9%) une maladie artérielle périphérique.
  • Le taux brut d’événements artériels aigus global était de 9,3/1.000 patients-années et de 5,3, 2,9 et 1,1/100.000 patients-années respectivement pour les maladies ischémiques cardiaques, les maladies cérébrovasculaires et pour les maladies artérielles périphériques.
  • La majorité des patients présentant une MICI était des femmes (53,8%), avec une proportion supérieure parmi les sujets souffrant de MC (57,7%) par rapport à ceux souffrant de RCH (50,5%), p<0,0001.
  • Le taux d’événements artériels aigus était significativement augmenté chez les patients présentant une MC ou une RCH par rapport à la population générale, avec un ratio standardisé d’incidence respectif de 1,35 [IC95% : 1,30-1,41] et de 1,10 [1,06-1,13].
  • Le risque le plus élevé était observé chez les patients de plus de 55 ans, quelle que soit la pathologie inflammatoire intestinale considérée (MC ou RCH).
  • Les trimestres précédant et suivant l’hospitalisation pour MICI étaient associés à une augmentation du risque d’événement artériel aigu à la fois chez les sujets souffrant de MC et de RCH, respectivement hasard ratio de 1,74 [1,44-2,09] et 1,87 [1,58-2,22].
  • 24,8% de l’ensemble des sujets évalués présentaient au moins un facteur de risque cardiovasculaire, dont le tabagisme actif pour 9,6% des sujets du groupe MC contre 4,4% de ceux du groupe RCH (p<0,0001).
  • 5.232 (2,5%) sujets sont décédés à l’hôpital durant le suivi.

Limitations

  • Les facteurs de risque cardiovasculaires ont été identifiés durant l’hospitalisation ce qui a pu conduire à une sous-évaluation, notamment pour le tabagisme.
  • La définition de MICI active basée sur l’hospitalisation liée à une MICI a écarté les cas d’intensité faible à modérée.

Financements

Cette étude a été supportée par l’ANSM.

À retenir

Ces résultats basés sur une cohorte de plus de 200.000 sujets diagnostiqués pour MICI ont mis en évidence une augmentation du risque d’événement artériel aigu chez ce profil de patient par rapport à la population générale. Ce risque était plus élevé chez les patients présentant une maladie de Crohn et chez les plus jeunes par rapport aux patients correspondants dans la population générale. Ainsi, les auteurs ont établi un lien clair entre la MICI active et le risque d’événement artériel aigu. Ces résultats confirment l’intérêt d’un contrôle le plus étroit possible de l’inflammation chez les patients présentant une MICI afin d’en diminuer les conséquences systémiques.