Les sujets diabétiques de type 2 ont-ils droit à un petit en-cas ?

  • Imai S & al.
  • Diabetes Metab
  • 17 juil. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude montre chez des sujets diabétiques de type 2 (DT2), que la prise d’une collation en milieu d’après-midi (15h30) plutôt que juste après le déjeuner (12h30), serait associée à une excursion glycémique de plus faible envergure et à une aire sous la courbe du glucose après le dîner plus faible également. La faible quantité de glucides de la collation pourrait, selon les auteurs, contribuer à expliquer pourquoi l’impact d’une collation prise l’après-midi est moindre par rapport à celle prise immédiatement après le déjeuner. En effet, la collation prise à 12h30 vient s’ajouter au repas, alors que celle de l’après-midi est indépendante d’un repas ; comme elle est faible, elle n’impacterait pas fortement la glycémie.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Des études montrent que 80% des sujets diabétiques prennent des collations. Par ailleurs, depuis quelques années, de nombreuses approches en prévention du diabète ou en mesures complémentaires des traitements habituels évaluent la chronobiologie liée à la répartition des nutriments selon les repas, ainsi que l’intérêt ou non de sauter un repas ou d’ajouter une collation à un moment clé de la journée. Les auteurs soulignent que l’hyperglycémie post-prandiale et les fluctuations du glucose sont des facteurs importants, qui favoriseraient le développement de l’athérosclérose, et donc le risque de maladies cardiovasculaires et de démence. Ainsi, le fait de scinder des repas serait particulièrement intéressant chez les sujets diabétiques ou non, car améliorerait la glycémie post-prandiale de ces deux populations.

Méthodologie

Étude japonaise croisée, randomisée, menée en ouvert auprès de patients diabétiques de type 2. Chaque patient devait porter un dispositif de contrôle continu du taux de glucose durant 4 jours et consommer des repas tests identiques le deuxième et troisième jour, incluant un petit déjeuner à 7h00, un déjeuner à 12h00 et un dîner à 19h00.

La moitié des participants ont en plus consommé des biscuits (75 kcal : 1,2 g de protéines, 1,8 g de lipides et 13,5 g de glucides) après le déjeuner, à 12h30 le 2jour, ou à 15h30 le 3jour. Pendant ce temps, l’autre moitié des participants a pris une collation à ces mêmes heures, mais en inversant les jours.

Principaux résultats

Au total, 17 patients DT2 ont été inclus dans l’étude (âge moyen 67,4 ±9,4 ans, durée moyenne du diabète 15,3 ±10,9 ans, IMC 23,5 ±3,1 kg/m2, HbA1c 55 ±6 mmol/mol (7,2 ±1,0%), glycémie à jeun 7,2 ±1,0 mmol/L).

Six patients étaient traités par des mesures diététiques, 6 autres par anti-hyperglycémiants par voie orale et 5 étaient traités par insuline. La composition moyenne des repas tests était identique pour tous les participants, et la valeur énergétique moyenne était de 59%, 16% et 25% respectivement pour les glucides, protéines et lipides. Le taux sanguin de glucose avant le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner n’était pas différent au cours des deux jours.

L’amplitude moyenne des excursions glycémiques et le taux maximal de glucose étaient significativement plus faibles chez les sujets qui prenaient une collation à 15h30 par rapport à ceux dont la collation était associée au déjeuner, respectivement 5,19 ±0,48 vs 6,90 ±0,69 mmol/L et 12,9 (±0,77) vs 13,9 (±0,87) mmol/L. Les taux de glucose minimum étaient significativement supérieurs lorsque la collation était prise en milieu d’après-midi que juste après le déjeuner, respectivement 5,71 ±0,51 vs 4,97 ±0,50 mmol/L.

Après le déjeuner, le pic de glucose post-prandial et l’aire sous la courbe du glucose sur 4 heures étaient inférieurs lorsque la collation était consommée dans l’après-midi par rapport à une prise après le déjeuner, respectivement 4,73 ±0,61 vs 5,75 ±0,89 mmol/L et 675 ±116 vs 777±150 mmol/L/min.  Il n’y avait pas de différence en ce qui concerne l’aire sous la courbe entre 12h00 et 19h00 lorsque la collation était prise après le déjeuner plutôt que dans l’après-midi. En revanche, le pic de glucose et l’aire sous la courbe après le repas du soir et l’aire sous la courbe entre 19h00 et 7h00 étaient significativement inférieurs lorsque la collation était consommée dans l’après-midi et non juste après le déjeuner, respectivement 663±104 vs 479±76 mmol/L/min (p=0,006) et 1.030±180 vs 701±97 mmol/L/min (p=0,044).

Principales limitations

Étude de faible envergure.