Les soins non psychiatriques restent complexes à mettre en œuvre chez les détenus en UHSA

  • Gharib A & al.
  • Encephale
  • 1 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les détenus hospitalisés pour troubles psychiatriques en unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) nécessitent souvent des soins non psychiatriques. Une enquête nationale menée auprès des neufs UHSA du territoire dresse un état des lieux de l’organisation des soins de médecine générale dans ces établissements, ainsi que de ceux nécessitant une extraction pour d’autres soins. Elle met en évidence une hétérogénéité d’une structure à l’autre, avec notamment une survenue non exceptionnelle d’un délai, d’un report ou d’une annulation de l’extraction pour non-disponibilité d’une escorte pénitentiaire, ou encore une difficulté à maintenir le secret médical vis-à-vis de l’équipe pénitentiaire. Aussi, cet article préconise un certain nombre de recommandations concernant l’organisation, l’activité et l’articulation avec des services extérieurs ou avec l’administration pénitentiaire

Principales données de l’enquête nationale

  • Parmi les 9 UHSA, 7 sont implantées dans les EPSM dont elles dépendent. Toutes reçoivent des patients en soins libres ou hospitalisés sans consentement, pris en charge par une équipe constituée de psychiatres, généralistes, internes de psychiatrie et de médecine générale.

  • L’examen clinique à l’entrée en UHSA n’est pas systématique pour deux structures où il est réalisé à la demande. Le bilan biologique (VIH, hépatites) est réalisé systématiquement dans 5 structures, parfois en fonction de l’ancienneté du dernier bilan réalisé.

  • Aucune activité de consultation spécialisée ou de télémédecine n’a été déclarée par les UHSA. Aussi, l’extraction du patient constitue la règle. Les bilans pour pathologies chroniques sont réalisées régulièrement dans deux unités. Les soins dentaires peuvent être réalisés dans l’établissement support de l’UHSA pour 4 d’entre elles.

  • En cas de nécessité d’hospitalisation non psychiatrique, les patients sont orientés aux urgences, puis dans l’unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI) pour 7 des 9 structures, ou directement en UHSI si l’hospitalisation est programmée.

  • En cas d’urgence relative nécessitant une extraction, le délai peut s’étaler entre 30 minutes et 48 heures selon les structures, ceci principalement en fonction de la disponibilité d’une escorte pénitentiaire. La ressource humaine étant limitée, il n’est pas rare qu’une extraction soit reportée ou annulée. En cas d’urgence vitale, le SAMU est contacté.

  • La liaison avec le médecin traitant est régulière dans 3 UHSA, mais rare ou irrégulière pour les autres, un courrier en cas de levée d’écrou n’étant envoyé que par 5 des 9 structures.