Les risques neurodéveloppementaux liés à l’anesthésie générale chez les nourrissons écartés par une solide étude clinique

  • McCann ME & al.
  • Lancet
  • 16 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les données de suivi de l’étude randomisée internationale GAS montrent que les enfants ayant reçu une anesthésie générale de moins de 1 heure durant les 60 premières années de vie ont un quotient intellectuel équivalent à l’âge de 5 ans à celui d’enfants ayant bénéficié d’une anesthésie locorégionale de même durée. Les données des critères secondaires d’évaluation permettent également de suggérer des performances équivalentes sur différents paramètres d’évaluation neurocognitive et développementale.

Pourquoi cette étude est-e lle imp ortant e ?

L’impact de l’anesthésie générale sur le développement neurocognitif des enfants reste incertain et sujet à controverse. Les seules données disponibles sont celles issues d’études longitudinales ou de cohorte, entachées de biais et de limites méthodologiques. Aucune étude clinique randomisée de grande ampleur n’avait jusqu’à présent permis de comparer l’anesthésie générale ou l’anesthésie locorégionale sur le pronostic neurodéveloppemental des enfants. L’étude GAS est la première à apporter des réponses solides sur le sujet. Elle ne permet cependant pas de conclure quant à l’impact d’anesthésies répétées à un jeune âge ou sur l’évolution à plus long terme.

Méthodologie

  • L’étude GAS a été menée dans 28 hôpitaux de 7 pays (Australie, États-Unis, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Canada, Italie). Des enfants nés à 26 semaines de grossesse ou plus, n’ayant jamais été opérés, et devant bénéficier d’une chirurgie pour hernie inguinale ont été randomisés entre une anesthésie locorégionale (caudale, rachianesthésie) et une anesthésie générale (sévoflurane) après stratification par âge gestationnel et par site.
  • Le critère principal d’évaluation était le quotient intellectuel à l’âge de 5 ans (Echelle de Wechsler pour la période préscolaire et primaire WPPSI-III).

Principaux résultats

  • Au total, 722 nourrissons ont été recrutés et alloués (1:1) entre l'anesthésie locorégionale (n=363) et l’anesthésie générale (n=359) entre février 2007 et janvier 2013. Parmi eux, 361 et 358 enfants ont été respectivement inclus dans l’analyse en intention de traiter et 287 et 356 d’entre eux ont été inclus dans l'analyse per protocole. À 5 ans (mars 2012 à avril 2018), 91 et 97 enfants ont été perdus de vue, soit un pourcentage de 74% de suivi.
  • La moyenne du score WPPSI-III était équivalente dans les deux groupes dans l'analyse per protocole (99,1 pour le groupe anesthésie locorégionale vs 99,0 pour le groupe anesthésie générale soit une différence de 0,23 [-2,59 à 3,06]) ainsi que dans l’analyse en intention de traiter (différence de 0,16 [-2,45 à 2,78]). Les résultats restaient similaires même après ajustement.
  • Les sous-scores issus du test WPPSI-III montraient des performances non statistiquement différentes entre les deux groupes. Enfin, il n'y avait pas de différence entre les deux groupes en termes de proportion d'enfants ayant été diagnostiqués comme présentant un trouble neurodéveloppemental selon le déclaratif des parents ou des soignants.

Principales limitations

La population participante était principalement masculine (83%) et seul le sévofluvane a été utilisé dans le cadre de l’anesthésie générale. Aussi la généralisation des données doit être faite avec précaution.

Financement

L’étude a reçu des fonds publics issus des différents pays participants.