Les résultats très encourageants d’une TCC intensive contre le refus scolaire anxieux

  • Denis H et al.
  • Journal de thérapie comportementale et cognitive
  • 28 sept. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Un programme de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) s’est révélé efficace chez des adolescents montpelliérains souffrant de refus scolaire anxieux. Il reposait sur une utilisation intensive des techniques de TCC en hôpital de jour incluant des séances de consultation individuelles et en groupe, ainsi qu’une réintégration progressive et accompagnée au sein de l’établissement scolaire. Les parents bénéficiaient également d’un accompagnement. Les résultats montrent une bonne adhésion au traitement, probablement grâce à l’implication de l’équipe soignante et aux liens étroits tissés avec les familles et les établissements scolaires. Le fonctionnement global des adolescents a été significativement amélioré et les symptômes d’anxiété nettement réduits (intensité des peurs, degré d’évitement). Presque tous ont pu reprendre leur scolarité. Reste maintenant à reproduire ces résultats à l’aveugle et sur des effectifs plus importants.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

La phobie scolaire, aujourd’hui dénommée refus scolaire anxieux (RSA) par les experts, est une manifestation anxieuse qui se caractérise chez les enfants ou adolescents par un refus d’aller à l’école et une résistance avec des réactions d’anxiété très vives ou de panique quand on essaie de les y forcer. Les données de la littérature estiment que ce trouble concernerait 2 à 5% des enfants d’âge scolaire, aussi bien les filles que les garçons. Apparaissant le plus souvent à l’adolescence, il se révèle très pénalisant pour la scolarité de l’enfant, tout comme pour son intégration sociale et professionnelle. Il peut même évoluer vers une pathologie psychiatrique dans un tiers des cas. Une prise en charge active et précoce apparaît donc comme une nécessité. Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) délivrées en séances individuelles ambulatoires ont fait la preuve de leur efficacité dans les troubles anxieux de l’enfant et de l’adolescent, mais n’ont pas été évaluées dans le RSA en France.

Conception de l’étude

L’étude a inclus 28 adolescents montpelliérains de 11 à 16 ans déscolarisés depuis plus de 5 jours et ayant reçu un diagnostic de trouble anxieux selon le DSM-5 et de RSA. Ils ne présentaient pas de déficience intellectuelle ou de troubles psychiatriques. Tous ont bénéficié d’une prise en charge personnalisée par une équipe pluridisciplinaire en hôpital de jour qui comprenait des séances de TCC individuelles (3 ou 4 fois par semaine), un travail de groupe pour des partages d’expérience, ainsi qu’un enseignement des matières principales pour maintenir le lien avec les situations d’apprentissage et d’examen, mais dans un environnement protégé et en collaboration avec les établissements scolaires. Les parents étaient aussi accompagnés par des séances de consultation individuelles et en groupe. Un retour à la scolarité était organisé de façon progressive d’abord accompagné 2h/semaine, puis seul en augmentant la durée jusqu’à une réintégration totale après une période de 3 à 6 mois, et en maintenant un lien entre adolescents et soignants tout au long de l’année scolaire jusqu’à la rentrée suivante.

Résultats

  • Le groupe de 28 adolescents comprenait 18 filles, et l’âge moyen était de 13 ans.
  • Leur fonctionnement global mesuré par les parents sur l’échelle Children’s global assessment (CGAS) a pu être significativement amélioré entre le début et la fin de la prise en charge.
  • La sévérité du trouble mental mesurée sur l’échelle CGI (Clinical Global Impression) a été fortement améliorée et les niveaux d’anxiété mesurés sur 5 échelles différentes ont pu être ramenés à la normale.
  • Au final, 27 adolescents ont pu réintégrer leur établissement scolaire à temps complet après un délai moyen de 18,9 semaines (environ 4 mois). Un seul patient s’est montré résistant au traitement. Il présentait une anxiété sociale sévère associée à un épisode de dépression et avait des antécédents de harcèlement scolaire. Une scolarité à domicile a donc été organisée.

Limitation

Il s’agit d’une étude rétrospective réalisée sans groupe contrôle et sur un effectif limité.