Les réseaux sociaux peuvent aussi favoriser l’acceptation vaccinale

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À retenir

Permettre aux femmes enceintes d’accéder à un site Internet dispensant une information sur la vaccination et intégrant un réseau social (possibilité d’échanges entre utilisateurs et avec des experts) influence positivement la vaccination des nouveaux nés mesurée à 200 jours après la naissance. Les jeunes mères ayant bénéficié de cette intervention avant la naissance sont ensuite plus enclines à faire vacciner leurs enfants dans le respect du calendrier vaccinal.

Pourquoi est-ce important ?

Alors qu’un grand nombre de français s’opposent à la vaccination obligatoire proposée par Agnès Buzyn, le Net, et en particulier les réseaux sociaux, regorge d’informations contradictoires et de désinformations anxiogènes sur le bénéfice/risque de la vaccination. Même si le médecin reste une source d’information de confiance, on peut comprendre la difficulté des parents néophytes à se forger une conviction pro-vaccinale. Mais puisque l’information circule si bien via les réseaux pourquoi ne pas utiliser ces derniers pour favoriser l’acceptation vaccinale et modifier les comportements ? Une équipe américaine s’est penchée sur la question.

Principaux résultats                        

  • 1.093 femmes enceintes ont été incluses dans l’étude, 542 dans le groupe RS qui avait accès au site Internet sur la vaccination intégrant un réseau social, 371 dans le groupe accédant à un site Internet avec information mais sans dimension sociale (groupe I) et 180 dans le groupe soins usuels (SU). Il s’agissait en grande majorité de femmes d’origine caucasienne et disposant d’un niveau d’étude supérieure.
  • À l’inclusion 14,1% de ces femmes déclaraient une hésitation vaccinale au test Parent Attitudes and Childwood Vaccines (PACV).
  • Dans le groupe RS, le nombre de jours de retard de vaccination par rapport au calendrier vaccinal a été inférieur à celui du groupe SU (-26,9j, p=0,02).
  • Il n’y avait pas de différence significative entre le groupe RS et le groupe I (p=0,63), ni entre les groupes I et SU (p=0,08).
  • La proportion d’enfants à jour de leurs vaccinations 200 jours après la naissance était de 92,5% dans le groupe RS, 91,3% dans le groupe I et 86,6% dans le groupe SU.
  • Sur l’ensemble de la période, les enfants du groupe RS avait presque deux fois plus de chances d’être à jour de leurs vaccinations que ceux du groupe SU, avec un odds ratio de 1,92 [IC95% : 1,07-3,47]. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes I et SU, ni entre les groupes RS et I.

Méthode            

  • Un essai contrôlé a été conduit auprès de femmes enceintes au cours de leur troisième trimestre de grossesse, afin d’évaluer l’efficacité de différents types d’intervention sur la vaccination des nourrissons.
  • Les participantes étaient randomisées en 3 groupes, afin d’évaluer l’impact de la mise à disposition d’un réseau social sur la vaccination (blog, forum, chat room, questions aux experts…), par rapport à l’accès à de l’information sur la vaccination ou à des soins usuels.
  • Les parents étaient stratifiés selon leur niveau d’hésitation vaccinale mesuré à l’inclusion par le questionnaire PACV, et randomisés à partir de chaque strate de façon à répartir équitablement les « hésitants » dans les différents groupes.

Limitations

Il s’agit d’un essai monocentrique (Colorado).