Les recommandations nutritionnelles françaises ont une valeur environnementale forte !


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Un article publié dans Nature sustainabilityrelate les résultats d’une étude menée par des chercheurs français, dont l’objectif était de mesurer l’impact sur l’environnement et la santé des recommandations nutritionnelles françaises dans leur version actualisée en 2017. Les analyses montrent une réduction de 50% de l’impact environnemental pour ceux qui observaient au mieux ces recommandations versusceux qui les observaient le moins bien, et une diminution du nombre de décès prématurés de 35.000 cas pour les premiers.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Les premières recommandations nutritionnelles françaises ont été établies en 2001. Les avancées de la science ont conduit à la nécessité de les réactualiser, ce qui a été fait en 2017. Cette version a intégré – ce qui est encore rare dans les recommandations nutritionnelles au niveau international – des préconisations qui tiennent compte de l’environnement comme le choix si possible de « produits bio », la « diminution de la consommation de viande rouge »… C’est ce qui fait toute l’originalité de la publication présentée.

Méthodologie

Les chercheurs ont évalué les associations potentielles entre des indicateurs nutritionnels, environnementaux, économiques et sanitaires. L’observance aux recommandations de 2001 et 2017 a été évaluée grâce à des échelles validées intitulées respectivement PNNS-GS1 et PNNS-GS2. L’observance à ces deux versions de recommandations a ensuite été comparée.

Principaux résultats

Au global, les données de 28.340 sujets issus de la cohorte NutriNet-Santé ont été analysées (75,6% de femmes, âge moyen 49,9 ans). Les sujets du quintile le plus élevé d’observance aux recommandations de 2017 étaient associés à une alimentation riche en fruits et légumes, en légumineuses et en céréales complètes, mais également  en aliments à base de soja, et à une alimentation faible en fruits de mer, viande, volaille, viande transformée, produits laitiers, aliments sucrés, fast-food, boissons sucrées et alcool. 

Les sujets qui adhéraient le mieux à une alimentation qui répondait aux recommandations 2017 avaient globalement des apports énergétiques plus faibles que ceux qui y adhéraient le moins. Une diminution de l’impact environnemental (reflétant l’énergie utilisée et l’occupation des sols) de 50% a été mesurée entre ce premier et second groupes d’individus. Comparativement, la différence entre le premier et le dernier quintile en considérant les recommandations de 2001 n’était que de 25%.

Enfin, 35.689 décès prématurés pourraient être évités par la meilleure observance possible des recommandations nutritionnelles de 2017 versusl’observance la moins bonne. Les principales causes de décès concernées seraient les décès d’origine cardiovasculaire (insuffisance cardiaque, hypertension artérielle) et les cancers du tractus bronchique et du poumon. Un surcoût léger a été mesuré entre l’alimentation des sujets adhérant le mieux aux recommandations 2017 et ceux qui y adhéraient le moins (

Limites

La consommation alimentaire était auto-déclarée et les sujets de la cohorte NutriNet-Santé sont des volontaires, probablement plus concernés par leur alimentation et leur santé que la population générale.