Les recommandations de la SPILF concernant le diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires de l’adulte


  • Fiche de synthèse
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La Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF) a actualisé en 2017 ses recommandations de 2014 sur « diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires de l’adulte » (1). 

 

Les points à retenir

Les recommandations rappellent l’importance : de différencier colonisation bactérienne d’une infection urinaire (IU), et IU simples des IU à risque de complication (anomalie de l’arbre urinaire, sexe masculin…), ou avec des critères de gravité (sepsis sévère, geste urologique invasif). Les IU graves nécessitent d’adapter le traitement selon le risque d’infection à entérobactéries productrices de β-lactamases à spectre élargi (E-BLSE).

Colonisations urinaires

Sauf très rares exceptions (grossesse, chirurgie urologique) elles ne doivent être ni recherchées ni traitées.

Cystites

L’antibiothérapie probabiliste des cystites aigues simples repose en 1e intention sur la fosfomycine trométamol à dose unique, puis le pivmécilinam.

L’antibiothérapie sera différée, en cas de risque de complication, et adaptée à l’antibiogramme (amoxicilline en 1e intention…).  

Les cystites récidivantes sont en général traitées (jusqu’à 1 épisode par mois) par traitement curatif auto-déclenché par la patiente.

Pyélonéphrites

L’antibiothérapie probabiliste par fluoroquinolones (ciprofloxacine, lévofloxacine) est maintenue dans les pyélonéphrites simples.

Mais, les céphalosporines de 3e génération (C3G) injectables sont privilégiées en cas de facteurs de risques de complication (risque de résistance accru aux quinolones).

Le traitement des pyélonéphrites graves nécessite une hémoculture et privilégie C3G injectables + amikacine, à adapter à un éventuel risque d’E-BLSE .

IU gravidiques

Les colonisations urinaires gravidiques seront dépistées systématiquement par bandelette urinaire dès le 4e mois.

Le traitement des colonisations urinaires (> 105 UFC/mL) et des cystites gravidiques est guidé par l’antibiogramme, et  similaire à celui des cystites simples. Le traitement des pyélonéphrites gravidiques est comparable à celui des pyélonéphrites à risque de complication mais requiert un avis obstétrical.

IU masculines

Les IU masculines doivent bénéficier systématiquement d’un ECBU. Le traitement antibiotique (quinolones, cotrimoxazole…), pourra être débuté après l’antibiogramme en cas d’infection paucisymptomatique.

 

Ce qui a changé par rapport aux recommandations précédentes

« Cette actualisation en 2018 des recommandations de 2014, tient compte des données récentes sur les résistances bactériennes et sur le coût écologique des antibiotiques (2) », précise le Pr Manuel Étienne (CHU de Rouen), qui a participé à l’élaboration du texte :

- « en ville, la résistance de E. Coli aux fluoroquinolones -et dans une moindre mesure aux C3G- augmente et les entérobactéries multi-résistantes (productrices de BLSE) émergent (environ 5 %) ; à l’inverse les taux de résistance restent très faibles pour la fosfomycine-trométamol (

- les données récentes confirment un impact élevé et prolongé des fluoroquinolones et des C3G sur le microbiote intestinal ».

De ce fait, une des principales évolutions du texte est que le céfixime et les fluoroquinolones ne sont plus recommandées pour le traitement des cystites. Le positionnement en 1e intention du pivmécillinam dans les cystites simples est conforté, les nouvelles recommandations soulignant que son efficacité avait été sous-évaluée dans des observatoires anciens et que son taux de sensibilité élevé (> 90 %) dans les cystites simples est compatible avec un usage probabiliste.

 

Pour compléter votre lecture, retrouvez l'interview du Dr Dinh, infectiologue, réalisée en juillet 2018. 

Quelles sont les conduites à tenir en cas de cystite aiguë simple ou à risque de complication ?