Les recommandations de la Cour des comptes pour améliorer la prévention et la prise en charge du VIH


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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En décembre 2018, la commission des affaires sociales du Sénat a demandé une enquête à la Cour des comptes sur la prévention et la prise en charge du VIH. La juridiction a rendu son rapport début juillet. Celui-ci reconnaît l’implication historique de la communauté scientifique française, qu’il s’agisse de recherche fondamentale, clinique, ou de sa mobilisation par rapport à l’enjeu international associé au virus. Mais il note que les objectifs que la France s’est fixée pour 2030 (95% de personnes dépistées, 95% de personnes dépistées positives traitées, 95% de de charge virale indétectable chez les personnes traitées) ne seront pas atteints « faute d’abord d’un pilotage suffisant par la Direction générale de la santé, par rapport aux autres ministères et aux agences régionales de santé, ainsi que d’objectifs clairs et structurants », a fortiori dans un contexte élargi aux IST, hépatites virales et santé sexuelle.

Parmi ses recommandations, la Cour des comptes préconise notamment de « renforcer la diffusion des prophylaxies pré et post-exposition, sous réserve d’une réévaluation des critères d’éligibilité par la HAS, en diversifiant les points d’accès, notamment en autorisant la primo-prescription par les médecins de ville, et en menant des campagnes de communication ». Elle suggère d’accroître « l’offre de dépistage du VIH en autorisant le remboursement par l’assurance maladie des sérologies sans prescription médicale, et la diffusion en vente libre des autotests dans les officines, tout en facilitant leur mise à disposition gratuite ». Elle propose aussi « un dépistage organisé du VIH pour la population générale, intégré dans une consultation de prévention ou de santé sexuelle, par les professionnels de santé libéraux ».  Une meilleure régulation des dépenses de médicaments grâce à une part croissante des génériques prescrits et un plan de baisse des prix des antirétroviraux après réévaluation serait également nécessaire.

Sur le plan organisationnel, la juridiction appelle de ses vœux l’élargissement du champ de compétence du conseil national du sida et des hépatites virales à la santé sexuelle, la gestion d’un groupe d’experts chargé des recommandations de prévention et de prise en charge du VIH par la HAS. Elle souhaite également confier l’animation territoriale de la lutte contre le VIH aux ARS tout en renforçant la place des COREVIH sur leur mission d’organisation des parcours. Enfin, elle insiste sur la nécessité de « mieux définir les responsabilités des différents financeurs publics des associations afin de respecter un principe de subsidiarité entre eux, en fonction des publics concernés et des niveaux d’intervention ».