Les RCP améliorent le pronostic de l’endocardite infectieuse

  • Camou F & al.
  • Med Mal Infect
  • 17 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’analyse de 493 cas d’endocardites infectieuses enregistrés prospectivement afin d’évaluer le bénéfice de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) met en évidence que la prise en charge et le pronostic sont conformes aux attendus et aux recommandations. Ainsi, les auteurs ont mis en évidence la prééminence des staphylocoques dans les cas associés aux soins et celle des streptocoques dans les cas communautaires. La RCP a permis d’ajuster le traitement dans 90% des cas. Le taux de mortalité hospitalière liée à l’infection était de 11,6%, sans distinction significative selon la nature de l’endocardite, en diminution par rapport aux données parues par ailleurs (notamment l’enquête française AEPEI).

  • Les auteurs soulignent que la mise en place de la RCP permet de répondre aux recommandations européennes de l’ESC et permet, ce faisant, d’individualiser l’analyse des cas et leur prise en charge pour un pronostic satisfaisant.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’épidémiologie de l’endocardite infectieuse a beaucoup évolué ces dernières années dans les pays occidentaux, avec notamment une proportion croissante de cas associés aux soins. Leur prise en charge nécessite une approche pluridisciplinaire, comme le préconise l’ESC. Il était intéressant d’évaluer si la mise en place d’une démarche formalisée à travers la conduite systématique d’une RCP permettait d’offrir des soins et un pronostic satisfaisant.

Méthodologie

  • L’équipe de RCP du CHU Bordeaux a conduit une analyse prospective des cas d’endocardite infectieuse qu’elle a pris en charge entre janvier 2013 et juin 2017.

  • Les RCP se tiennent en vidéoconférence et regroupent 5 à 10 experts auprès desquels les cas sont présentés et discutés. Ce temps permet, si besoin, de recommander de nouveaux examens ou tests. Il permet aussi de discuter du traitement et de l’ajuster si cela s’avère nécessaire.

Principaux résultats

  • Au total, 493 patients présentant une endocardite infectieuse certaine ou possible ont été intégrés aux analyses (74% d’hommes). Parmi ces cas, 53% étaient d’origine communautaire (âge moyen 66,3 ans) et 47% étaient liées aux soins (âge moyen 70,9 ans).

  • Avant la RCP, 52 cas étaient considérés comme non documentés. La nature de l’infection a été identifiée pour 92% des cas : un (98%) ou deux (2%) micro-organismes étaient impliqués. Parmi eux, 87% étaient associés à une bactérie Gram positive. Les cas liés à S. aureus ou à un staphylocoque à coagulase négative étaient plus fréquents parmi les endocardites associées aux soins que parmi celles d’origine communautaire (26% vs 18% et 19% vs 6% respectivement). Parallèlement, 43% des endocardites d’origine communautaire étaient liées à un streptocoque (vs 18% des cas associés aux soins).

  • Après examen radiologique, 71% des cas ont été confirmés (dont 84 sur prothèse valvulaire et 35 sur valve native).

  • Le traitement anti-infectieux a été modifié ou ajusté en RCP dans 90% des cas (dont arrêt des aminosides chez 84% des patients). Au total, une monothérapie a été prescrite à 53% et 36% des endocardites d’origine communautaire ou liées aux soins, respectivement. L'amoxicilline-ceftriaxone a été prescrite à 75% des sujets infectés par E. faecalis, et 85% de ceux infectés par des staphylocoques sensibles à la méticilline ont été traités par céfazoline ou pénicilline M. Enfin, 84% des sujets infectés par un staphylocoque résistant à la méticilline ont été traités par daptomycine.

  • In fine, le taux global de mortalité hospitalière a été de 11,6%, et était plus élevé chez ceux dont l’infection était associée aux soins (13,9% vs 9,5% pour les cas communautaires, NS). Ce chiffre était notamment plus élevé chez les plus de 75 ans (17% vs 9%), chez ceux présentant un S. aureus documenté (19% vs 8%) et chez les insuffisants cardiaques (30% vs 9%).