Les PVVIH ne sont pas assez sensibilisées au risque d’infection par le virus de l’hépatite A


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Durant la flambée épidémique de VHA (virus de l’hépatite A) en 2017, 0,9% de la population VIH suivie à l’Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille a présenté des symptômes ayant conduit à une confirmation d’infection par le VHA, soit 3,2% de ceux à risque, à savoir les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et ceux ayant des relations bisexuelles.

  • Parmi l’ensemble des PVVIH à risque, dont la moitié a accepté de se faire vacciner gratuitement, la fréquence des comportements à risque est significative, tandis que les connaissances sur les voies de transmission des principales infections sexuellement transmissibles (IST) sont mal connues.

 

Dans les pays occidentaux, le VHA est principalement transmis lors de relations sexuelles anales ou orales non protégées. La vaccination contre le VHA est recommandée aux personnes à risque d’infection, à savoir les HSH exposés et non immunisés. L’Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille a conduit une étude monocentrique auprès de la cohorte de PVVIH qu’elle suit, au cours de la flambée épidémique ayant eu lieu en Europe en 2017.

Près d’un tiers des PVVIH ignorent la voie de transmission de certaines IST

Parmi les 2.300 PVVIH suivis, 20 ont été diagnostiqués comme infectés par le VHA après avoir présenté des symptômes évocateurs, soit 0,9 % de l’ensemble de la cohorte, et 3,2 % parmi les PVVIH à risque (HSH ou ayant des relations bisexuelles). Ils étaient en moyenne plus jeunes que le reste de la cohorte (âge moyen 39 ans) et étaient pour leur majorité des sujets VIH récemment infectés (ancienneté moyenne du diagnostic 1,4 ans, datant de 28 mois au maximum). La majeure partie d’entre eux contrôlait le virus (82%) et avait un taux de lymphocytes T CD4 > 500/mm3 ; au total, 52% avaient nécessité une hospitalisation.

L’équipe a proposé la vaccination aux sujets PVVIH à risque qui n’étaient pas immunisés au sein de leur cohorte, soit 310 sur 637 sujets, parmi lesquels 250 ont pu être contactés. In fine, 110 ont accepté d’être vaccinés et 74 ont répondu à un questionnaire sur leurs connaissances et prises de risque. La plupart contrôlaient le virus (93%) et avaient un taux de CD4 >500/mm 3 (74%). Parmi les participants aux questionnaires, 84% avaient déclaré avoir eu des relations HSH et 7% des relations bisexuelles au cours des 2 derniers mois, et 68% avec des partenaires multiples.

Par ailleurs, 31 de ces patients avaient déclaré avoir eu un rapport anal non protégé et 55 un rapport oral non protégé. Tous avaient des antécédents d’IST et 30% ignoraient la voie de transmission de différentes IST, dont le VHA (20%).

Une éducation, une information et une prévention adaptées semblent donc nécessaires en direction de ou au sein de ce public VIH.