Les preuves d'efficacité des MAC non reconnues par le CNOM dans le domaine de la cancérologie


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À côté des médecines alternatives et complémentaires (MAC) reconnues par le CNOM, qui ont fait l’objet d’un précédent article, d’autres non reconnues sont pourtant utilisées en France. Sur quelles preuves scientifiques s’appuie le recours à ces pratiques ? 

Les MAC non reconnues par le CNOM mais proposées aux patients souffrant de cancer en France :

  • L’hypnose est notamment enseignée dans une douzaine d’universités en France. De nombreux essais ont montré son bénéfice dans le cadre du cancer sur la douleur aiguë, la réduction des doses d’anesthésiques, la diminution de l’anxiété, du stress, de la fatigue et des bouffées de chaleurs sous hormonothérapie. Les effets indésirables sont mineurs (vertiges, céphalées, tachycardie). En dehors des états psychotiques, les contre-indications restent très relatives. 
  • L’EMDR (eye movement desensitization and reprocessing) constitue avec les thérapies cognitivo-comportementales, les psychothérapies ayant le meilleur niveau de preuve dans la prise en charge du syndrome de stress post-traumatique. En cancérologie, bien que les essais soient encore peu nombreux, cette technique semble aussi très prometteuse, comme traitement du traumatisme induit par le cancer, ainsi que sur l’anxiété, la dépression et le sens de la cohérence. Cette technique est contre-indiquée en cas d’états psychotiques.
  • La sophrologie n’a suggéré son effet bénéfique que dans un seul essai en cancérologie, montrant la diminution de l’anxiété chez des femmes souffrant de cancer du sein et traitées par chimiothérapie. Mais d’autres études sont en cours.
  • La méditation en pleine conscience est proposée en enseignement par certaines universités. Des essais cliniques en cancérologie ont montré son bénéfice notamment sur la qualité de vie et du sommeil, l’humeur et le stress. Une étude a suggéré que la méditation aurait un impact sur la production de cytokines. Les troubles psychotiques sont une contre-indication à cette approche. États d’euphorie, hallucinations, douleurs, paranoïa, colère et anxiété font partie des effets secondaires rapportés en cas de pratique intense de la méditation.
  • Le yoga est notamment enseigné par différentes universités. Bien que certains essais aient rapporté son efficacité dans le cancer sur la fatigue, l’anxiété, le moral, le stress et la qualité de vie, les preuves sont encore faibles. L’épilepsie, la sclérose en plaques et les chirurgies récentes constituent des contre-indications relatives et les lésions osseuses une contre-indication absolue.
  • Le jeûne bénéficie de preuves discordantes en prévention du cancer. Aujourd’hui, c’est le jeûne intermittent qui serait le plus étudié dans ce contexte. Mais le profil même des patients atteints de cancer, souvent fragiles et dénutris rend difficile les essais cliniques, et donc la recommandation de cette pratique.
  • La phytothérapie fait l’objet d’un intérêt croissant, mais les interactions médicamenteuses et contre-indications doivent être bien maîtrisées.  

L’Association francophone des soins oncologiques de support met à disposition des professionnels de santé des référentiels notamment pour ce qui concerne l’acupuncture, l’ostéopathie, l’hypnose et un guide d’interaction entre les plantes et les chimiothérapies. Par ailleurs, à l’hôpital universitaire de la Pitié-Salpêtrière-Charles-Foix, un centre intégré de médecine chinoise a été créé pour évaluer un certain nombre de techniques de médecine chinoise.