Les premières recommandations françaises sur l’utilisation des traitements hypo-uricémiants viennent de paraître

  • Pascart T & al.
  • Joint Bone Spine
  • 15 mai 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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La Société Française de Rhumatologie a publié récemment deux recommandations concernant la goutte : l’une concerne la prise en charge de la crise de goutte (lien), et l’autre les traitements hypo-uricémiants. Ces recommandations sont d’autant plus importantes qu’il s’agit des premières recommandations françaises dans le domaine. Celle Celle concernant les traitements met en avant : 

Trois principes généraux 

  • L’information et l’éducation du patient occupent une place essentielle dans le succès à long terme de la prise en charge de la goutte (grade A).
  • Le patient doit savoir que les crises de goutte sont liées à l’accumulation chronique de cristaux d’urate de sodium (UMS). Il doit également connaître l’objectif du traitement : la diminution permanente de l’uricémie, reflet de la dissolution complète des dépôts d’UMS, gage de la disparition des symptômes associés et de la prévention des complications chroniques liées à la goutte (grade B-D).
  • Le médecin doit prendre le temps d’informer le patient sur  (1) l’importance d’atteindre une uricémie cible reflet de la dissolution des cristaux d’UMS ; (2) l’importance de l’observance à long terme des traitements hypo-uricémiants, (3) le risque de survenue de crises de goutte à l’initiation de ces traitements, (4) ; les risques cardiovasculaire, métabolique et rénal associés à la goutte et (5) l’importance d’adapter certaines habitudes de vie (éviter l’alcool et les boissons sucrées, favoriser l’activité physique régulière et la perte de poids), (grade B). 

Cinq recommandations plus spécifiques

  • La prescription d’un traitement hypo-uricémiant est recommandée dès que le diagnostic de goutte est établi (grade D).
  • Un taux d’uricémie
  • Le choix des traitements hypo-uricémiants :

- Lorsque le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGé) est >60 mL/min/1,73m2, l’allopurinol est le traitement de première intention (dose initiale : 50-100 mg/j et augmentation par paliers de 50-100 mg tous les 2-4 jours jusqu’à l’atteinte du taux d’uricémie cible. 

- Lorsque le DFGé est entre 30-60 mL/min/1,73m2, l’allopurinol doit être utilisé avec précaution et le fébuxostat peut constituer une alternative.

- Lorsque le DFGé est 2, l’allopurinol doit être évité et le fébuxostat préféré. 

- Le fébuxostat doit être évité chez les patients ayant une maladie cardiovasculaire sévère (grade A-D).

  • Une prophylaxie des crises de goutte liées à l’initiation d’un traitement hypo-uricémiant doit être envisagée dès l’initiation de celui-ci par l’association de colchicine (0,5 à 1 mg/j durant au moins 6 mois en l’absence de contre-indication) et d’une augmentation progressive des doses d’hypo-uricémiant (grade A).
  • Les comorbidités de la goutte : les facteurs de risque et maladies cardiovasculaires, le syndrome métabolique, les maladies rénales doivent être dépistés et pris en charge (grade D).