Les plasmas froids pour guérir les brûlures ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les plasmas atmosphériques froids (PAF) sont des gaz partiellement ionisés dont la température est légèrement supérieure à celle de l’atmosphère. Ils peuvent être obtenus en soumettant un gaz à une décharge électrique. Certains travaux ont montré que leur application sur des blessures animales favorisait leur guérison, mais la raison en demeure obscure. Pour l’élucider, une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche biomédicale des armées et du Laboratoire de physique des plasmas (LPP, École polytechnique/CNRS/Observatoire de Paris/Université Paris- Sud/Sorbonne Université) a réalisé plusieurs études.

Ils ont d’abord montré sur des modèles in vitro d’angiogenèse qu’un PAF (issu d’hélium) stimulait la production d’oxyde nitrique (NO - nitric oxyde ) et favorisait la migration et le regroupement de cellules endothéliales dans des tissus imitant les structures vasculaires. Ces phénomènes sont ceux qui signent la phase de prolifération cellulaire dans le processus de guérison d’une blessure.

Puis sur un modèle murin (souris) de brûlure au troisième degré, l’application de PAF était associée à une augmentation de l’angiogenèse avec accroissement de la prolifération cellulaire et amélioration du processus de guérison. Elle stimulait la production de NO synthase endothéliale (eNOS), qui catalyse la production de NO dans les cellules endothéliales, ainsi que l’expression des marqueurs angiogéniques PDGFRß et CD31 dans les tissus lésés. De plus, elle favorisait la phosphorylation et l’activation de eNOS, ce qui constituait un facteur supplémentaire de production de NO dans les cellules endothéliales. In vitro , elle stimulait la signalisation pro-angiogénique médiée par les facteurs VEGFA/VEGFR2.

Pour les auteurs, il s’agit d’arguments forts pour expliquer l’action bénéfique des PAF sur les brûlures par leur action angiogénique médiée par la production de NO. Ils peuvent constituer une voie prometteuse pour la guérison des brûlures, qui nécessitent une hospitalisation chez près de 12.000 personnes en France chaque année, dont 30% d’enfants de moins de 5 ans. Et si la Délégation Générale des Armées soutient ces travaux, c’est qu’environ 10% des blessures au combat s’accompagnent de brûlures sévères.