Les personnes infectées par le VIH présentent un vieillissement accentué par rapport à leurs homologues VIH négatifs


  • Daniela Ovadia — Agenzia Zoe
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Malgré l’efficacité du traitement antirétroviral, les personnes infectées par le VIH pourraient présenter des signes de vieillissement prématuré ou accentué.
  • Le vieillissement peut résulter à la fois de l’infection à VIH, du traitement antirétroviral, de co-infections virales chroniques, du mode de vie ou de facteurs comportementaux.
  • Dans cette étude, le vieillissement semble être lié à des co-infections virales telles que l’infection à CMV et l’hépatite B chronique, mais aussi à des antécédents d’immunosuppression sévère et d’exposition au saquinavir.

 

Les personnes infectées par le VIH ayant un taux plasmatique indécelable d’ARN du VIH pourraient présenter un vieillissement accentué par rapport aux personnes VIH négatives avec un mode de vie semblable, tel qu’estimé au moyen d’une série de biomarqueurs du vieillissement validés.

Un projet précédent (MARK-AGE) avait proposé de combiner les biomarqueurs du vieillissement humain (y compris les biomarqueurs immunologiques et neurologiques) pour prédire l’âge biologique des personnes. La présente étude visait à comparer le panel MARK-AGE de biomarqueurs dans le but d’évaluer l’âge biologique des personnes infectées par le VIH, des personnes VIH négatives appariées selon les caractéristiques démographiques et le mode de vie et des donneurs de sang ayant un âge chronologique semblable.

Des liens ont été envisagés entre l’âge et des facteurs tels que la socio-démographie, le tabagisme, la consommation d’alcool et de drogues, l’infection à CMV et l’hépatite B et C chroniques, des paramètres liés à l’affection VIH tels que les numérations de lymphocytes T CD4+ et CD8+, le nombre d’années depuis le diagnostic d’infection à VIH et l’exposition aux médicaments antirétroviraux.

L’étude portait sur 134 personnes infectées par le VIH sous traitement antirétroviral suppressif, 79 témoins VIH négatifs comparables sur le plan du mode de vie âgés d’au moins 45 ans et 35 donneurs de sang appariés en fonction de l’âge. Les 79 participants VIH négatifs étaient comparables aux 134 participants VIH positifs pour ce qui est de l’âge, du sexe, du nombre d’années d’études, du tabagisme et de l’usage récréatif de drogue.

Les co-infections à CMV et l’hépatite B et C chroniques étaient plus fréquentes chez les participants VIH positifs que chez les participants VIH négatifs et les donneurs de sang. L’infection à CMV était aussi plus fréquente chez les participants VIH négatifs que chez les donneurs de sang (en raison des règles très strictes pour le don de sang aux Pays-Bas, où l’étude était réalisée).

Tous les participants VIH positifs avaient un taux d’ARN du VIH inférieur à 50 copies/ml et étaient sous traitement antirétroviral lors de la visite de l’étude. Ils avaient une numération médiane (IIQ) des lymphocytes T CD4+ de 618 (472–806) cellules/μl, et 31 % avaient déjà reçu un diagnostic clinique de SIDA.

L’âge biologique était significativement plus avancé que l’âge chronologique d’une moyenne de 13,2 (IC à 95 % : 11,6–14,9) ans chez les participants VIH positifs et de 5,5 (3,8–7,2) ans chez les participants VIH négatifs (P 

Les co-infections virales telles que l’infection à CMV et l’hépatite B chronique, de même que les numérations des lymphocytes T CD4+ et CD8+ et leur ratio, semblaient être liées à un vieillissement accru.

Chez les participants VIH positifs, des corrélations positives ont été relevées entre le vieillissement et le temps écoulé depuis le diagnostic d’infection à VIH, la durée du traitement antirétroviral et le nadir de numération des lymphocytes T CD4+

L’exposition cumulative au saquinavir était aussi associée à un vieillissement accru, indépendamment de l’exposition concomitante à d’autres médicaments considérés comme ayant les plus fortes toxicités mitochondriales et des effets potentiels sur le vieillissement, comme la didanosine, la stavudine, la zalcitabine et la zidovudine.