Les patients sous iSGLT2 sont-ils plus à risque d’acidocétose diabétique ?

  • Jeon JY & al.
  • Diabetes Metab
  • 9 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les inhibiteurs de co-transporteur sodium-glucose de type 2 (iSGLT2) sont des anti-hyperglycémiants qui inhibent la réabsorption du glucose au niveau rénal et qui de fait n’induisent pas d’hypoglycémie lorsqu’ils sont pris en monothérapie. Les résultats de cette étude portant sur 523 sujets montrent que :

  • Les patients ayant une acidocétose sous iSGLT2 avaient des valeurs de glycémie inférieure à ceux qui n’étaient pas traités par cette classe d’anti-hyperglycémiants.
  • Le temps global d’hospitalisation lié à l’acidocétose n’était pas modifié entre ces deux populations. En revanche, le temps passé en unité de soins intensifs était significativement plus important. 

Les auteurs mettent en avant que le faible taux d’acidocétose sous iSGLT2 inclus dans cette étude (n=15) doit inciter à prendre du recul vis-à-vis de ces résultats.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’acidocétose diabétique est l’une des complications aiguës les plus graves du diabète. Elle nécessite une hospitalisation et une prise en charge rapide. Parmi les effets indésirables rapportés sous iSGLT2, des cas d’acidocétose ont été rapportés. Par leur mécanisme d’action, ces traitements réduisent le ratio insuline/glucagon et améliorent la lipolyse stimulant ainsi la production de corps cétoniques par le foie. De fait, il était intéressant de pouvoir comparer les caractéristiques cliniques des évènements d’acidocétose survenant chez des utilisateurs d’iSGLT2 versus des non-utilisateurs.

Méthodologie

Les données proviennent de dossiers médicaux électroniques d’adultes admis dans neuf centres médicaux coréens entre septembre 2014 et avril 2017.

Principaux résultats

Au total, 523 sujets ayant une acidocétose ont pu être inclus (âge moyen 46,5 ± 17,6 ans, durée moyenne de diabète 7,7 ± 8,4 ans). Parmi l’ensemble de la population, 51% avaient un diabète de type 2. La durée moyenne d’hospitalisation était de 11 jours dont 2,5 jours en unité de soins intensifs. 

Sur l’ensemble de la population, 35% des patients avaient une acidocétose faible (pH artériel ≥7,25), 51% une acidocétose modérée (pH 7,00-7,24) et 13% une acidocétose sévère (pH

Le taux de mortalité hospitalière a été de 3%, mais aucun patient sous iSGLT2 n’est décédé durant le traitement de l’acidocétose.

Les patients sous iSGLT2 (n=15) ont présenté une acidocétose en moyenne au 124jour après le début du traitement. Une proportion importante (87%) d’utilisateurs recevait également un autre anti-hyperglycémiant oral alors qu’ils n’étaient que 14% pour les non utilisateurs. 

Les taux de glycémie à l’inclusion étaient significativement inférieurs chez les utilisateurs d’iSGLT2 (413 mg/dL) par rapport aux non-utilisateurs (554 mg/dL, p=0,006). La durée du maintien en unité de soins intensifs était plus longue sous iSGLT2 (4 jours versus 2 jours pour les non utilisateurs, p=0,019), bien que le séjour hospitalier global n’était pas significativement différent (9 jours sous iSGLT2 versus 8 jours, p=0,371).

Principales limitations

Très faible nombre d’évènements d’acidocétose sous inhibiteurs de SGLT2 (n=15).