Les patients souffrant de MICI sont insuffisamment vaccinés !

  • Loubet P & al.
  • Dig Liver Dis
  • 1 juin 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une enquête évaluant le fait d’être ou non vacciné contre la grippe et le pneumocoque en étant porteur d’une maladie inflammatoire des intestins (MICI) montrent que seulement 34% de ces sujets se déclarent vaccinés contre la grippe et 38% contre le pneumocoque. Un taux d’immunisation bien loin d’atteindre la couverture vaccinale préconisée. Les résultats de cette enquête montrent qu’une meilleure connaissance de l’intérêt de la vaccination par le patient, une attitude favorable vis-à-vis de celle-ci et le fait qu’elle soit conseillée par un professionnel de santé favoriserait la vaccination des personnes souffrant de MICI. 

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Les recommandations nationales préconisent la prévention des risques infectieux (notamment grippe et pneumocoque) par la vaccination des sujets traités par immunosuppresseurs, biothérapie et/ou corticothérapie pour une maladie auto-immune ou inflammatoire chronique (voir calendrier vaccinal, 2018). Cette étude offre un état des lieux récent de la vaccination chez ces patients en France.

Méthodologie

L’AVNIR (Association VacciNation Immunodéprimées Réalité) est un groupe d’associations françaises de patients immunodéprimés dont l’objectif est de promouvoir les soins de support. Ce groupe a initié une enquête en 2013 afin de recueillir des informations sur la couverture vaccinale et les habitudes envers la vaccination de ses membres. Une nouvelle enquête a été menée en 2016 spécifiquement chez les sujets atteints de MICI, par l’AVNIR et l’AFA (Association François Aupetit-association de patients souffrant de maladies inflammatoires des intestins) dont les résultats sont présentés ici.

Principaux résultats

Globalement, 199 participants à l’enquête sur 1.625 interrogés (12%) souffraient de MICI (32% avaient moins de 30 ans, 85% étaient des hommes, 52% avaient un haut niveau d’éducation et 65% résidaient en zone urbaine). Sur la population des répondants, 62% étaient traités par immunosuppresseurs : corticoïdes (22%), immunomodulateurs (58%) ou traitements biologiques (31%). Parmi les patients traités, 37% avaient commencé leur traitement plus de cinq ans auparavant, 89% étaient suivis par un spécialiste pour leur pathologie et 45% étaient membres d’une association de patient. Au sein des sujets interrogés, 34% [28-41] déclaraient être vaccinés contre la grippe, et 38% [31-44] contre le pneumocoque. 

Les analyses ont montré que la vaccination contre la grippe était plus fréquente si les sujets avaient reçu des recommandations en ce sens par un professionnel de santé (odds ratio ajusté (ORa) 12,7 [5,6-28,8]), étaient sous traitement immunosuppresseur (ORa 2,3 [1,1-5,3], avaient une bonne connaissance de l’intérêt de la vaccination (ORa 3,2 [1,1-9,2]) et avaient une attitude favorable vis-à-vis de la vaccination (ORa 3,4 [1,2-9,5]). Pour la vaccination contre le pneumocoque, seule la recommandation par un professionnel de santé augmentait les chances que le sujet soit vacciné (ORa 187,7 [24,8-1.422,5]).

Principales limitations

  • Faible effectif de sujets interrogés. 
  • Cet échantillon peut ne pas être représentatif de l’ensemble de la population des sujets atteints de MICI en France.
  • Les données sont auto-déclarées par les sujets sans confirmation à partir de leur dossier médical.