Les oméga-3 ne limiteraient pas le risque de prématurité

  • Makrides M & al.
  • N Engl J Med
  • 12 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

L’alimentation occidentale est relativement pauvre en acides gras polyinsaturés à longue chaîne oméga-3. Des études épidémiologiques ont mis en évidence une association entre la faible consommation de poisson et l’augmentation du risque de prématurité. Pourtant, une nouvelle étude publiée dans le New England Journal of Médecine montre qu’une supplémentation en oméga-3 issus d’huile de poisson (à partir de la 14semaine de grossesse environ et jusqu’à la 34semaine) ne permet pas de diminuer le risque de prématurité, ou de naissance après terme par rapport à des femmes qui ne reçoivent pas ce type de supplémentation.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Difficile de savoir si les acides  polyinsaturés à longue chaîne oméga-3 sont bénéfiques ou non chez la femmes enceintes. En effet, certaines données montrent qu’ils réduisent l’incidence d’accouchement prématuré et d’autres qu’ils pourraient prolonger la grossesse au-delà du terme normal. D’où l’intérêt de continuer à mener des études permettant de dégager des tendances plus robustes.

Méthodologie

Cette étude est un essai multicentrique, mené en double-aveugle, ayant randomisé des femmes enceintes soit dans un groupe supplémenté quotidiennement en oméga-3 par des capsules contenant de l’huile de poisson (900 mg d’acides gras oméga-3 longue chaine polyinsaturés quotidiens, soit environ 800 mg d’acide docosahexaénoïque-DHA et 100 mg d’acide eicosapentaenoïque-EPA), soit dans un groupe contrôle devant prendre des capsules d’huile végétale ne contenant que des traces d’oméga-3. Les femmes devaient prendre quotidiennement ces capsules avant la 20esemaine de grossesse et continuer jusqu’à la 34èmesemaine ou l’accouchement en fonction de l’événement qui survenait le premier.

Principaux résultats

Au total, 5.486 femmes enceintes ont été incluses dans les analyses. La durée moyenne de grossesse était de 273 jours dans les deux groupes. Un accouchement avant terme est survenu chez 2,2% des femmes du groupe supplémenté en oméga-3 et 2,0% des femmes du groupe contrôle, sans différence significative entre les deux groupes. Seule différence significative mise en évidence : les enfants nés de mères ayant reçu les capsules d’oméga-3 étaient 30% plus gros à la naissance que la valeur de référence pour leur âge gestationnel par rapport aux enfants des femmes du groupe contrôle (risque relatif ajusté 1,30 [1,02-1,65]). 

Aucune autre différence significative n’a été mise en évidence, que ce soit en ce qui concerne les accouchements post-terme (>41 semaines de grossesse), le faible poids à la naissance, l’admission en service néonatal d’urgence ou la survenue d’événements indésirables graves chez la maman ou le nourrisson. 

De fait, ces données ne permettent pas de confirmer l’intérêt d’une supplémentation en oméga-3 chez les femmes enceintes vis-à-vis du risque de naissance avant ou après terme.

Principales limitations

Les auteurs mentionnent qu’à l’inclusion, les taux d’oméga-3 étaient plus élevés que dans d’autres études préalables, ce qui a pu contribuer à l’absence de différences significatives.