Les médicaments homéopathiques vont-ils être déremboursés ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Les médicaments homéopathiques sont remboursés depuis des décennies alors qu’ils n’ont pas été évalués scientifiquement, contrairement aux autres médicaments. Afin d’estimer si le maintien de ce remboursement est justifié, la commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) vient de mener la première évaluation scientifique française sur ces médicaments.

Cette évaluation scientifique a été beaucoup plus vaste que celles habituellement menées par la commission de la transparence : elle a nécessité 9 mois de travail pour examiner près de 1200 médicaments homéopathiques (1200 souches qui peuvent avoir chacune des taux de dilution différents et être combinées entre elles). Il a fallu analyser plus de 1000 publications scientifiques ainsi que les données déposées par les laboratoires et les éléments apportés par les autres parties-prenantes (professionnels de santé, syndicats, patients…).

Des données scientifiques pour 24 affections et symptômes traités avec des médicaments homéopathiques ont été identifiées : troubles de l’anxiété, verrues plantaires, soins de support en oncologie, infections respiratoires aiguës chez l’enfant… Après analyse de ces données, la commission de la transparence a considéré que ces médicaments n’ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d’un remboursement. Elle a donc rendu un avis défavorable concernant le maintien de ce remboursement .

La commission de la transparence justifie son avis par le fait que :

  • Les données cliniques ne permettent pas de conclure à une efficacité suffisante ; dans certains cas aucune donnée n’est même disponible,
  • Il n’est pas nécessaire de recourir systématiquement à des médicaments (classiques ou homéopathiques) pour traiter des pathologies sans gravité ou qui guérissent spontanément,
  • Il n’existe pas d’étude robuste permettant d’évaluer l’impact des médicaments homéopathiques sur la qualité de vie des patients,
  • Il n’a pas été mis en évidence d’impact attribuable aux médicaments homéopathiques sur la consommation d’autres médicaments, la diminution du mésusage, le nombre d’hospitalisations, les retards à la prise en charge ou sur l’organisation des soins.

Il appartient désormais à la ministre des Solidarités et de la Santé de trancher sur le maintien ou non de ce remboursement.