Les liens entre consommation de cannabis et prescription d’anti-asthmatiques

  • Bramness JG & al.
  • BMC Pulm Med
  • 26 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Se lo n u ne étude longitudinale en population norvégienne, les consommateurs de cannabis auraient deux fois plus de risque de se voir prescrire des médicaments antiasthmatiques par rapport aux personnes n’en ayant jamais consommé, même après ajustement sur les autres facteurs de risque identifiés comme le sexe, le tabagisme, l’existence d’un asthme ou d’allergies.

Pourquoi ces données sont intéressantes ?

Les relations entre consommation de cannabis et santé respiratoire ne sont pas encore complètement comprises : concernant le risque d’asthme, il a été décrit par ailleurs qu’il pouvait avoir un effet bronchodilatateur mais que certains de ses composants pouvaient ensuite précipiter une crise d’asthme, les symptômes pouvant être plus sévères chez les consommateurs de cannabis. Les relations entre cette consommation et l’asthme prenant en compte les nombreux facteurs potentiels de confusion manquent encore. Cette étude norvégienne offre ainsi des précisions sur le sujet.

Méthodologie

Les résultats de cette étude ont été établis à partir des données disponibles de 2.602 sujets issus d’une cohorte adolescente norvégienne pré-existante ( Young in Norway Study , n=12.287) qui a fait l’objet de 4 collectes de données au cours de 13 années de suivi. Les moyennes d’âge à T1, T2, T3 et T4 étaient de 15,05, 16,53, 22,95 et 28,48 ans respectivement. La consommation de cannabis était évaluée à T4 : les sujets ont été distingués entre consommateurs actuels (en cours ou dans l’année précédente), anciens consommateurs (sujets ayant été consommateurs plus de 12 mois auparavant et ayant arrêté) et non-consommateurs.

Principaux résultats

  • Les femmes (10,3 vs 6,0%), les personnes rapportant avoir de l’asthme ou être allergiques (17,8 vs 7,7% et 11,3 vs 7,5%), ainsi que les fumeurs (11,6 vs 7,1%) et les consommateurs actuels de cannabis (12,6 vs 8,0%) recevaient plus souvent des prescriptions d’anti-asthmatiques que les autres.
  • Les consommateurs actuels de cannabis étaient plus souvent des hommes et étaient en moyenne plus jeunes que les autres. Ils étaient aussi plus souvent fumeurs réguliers ou occasionnels de tabac.
  • Le risque d’avoir une prescription d’anti-asthmatiques était multiplié par 2 pour les femmes par rapport aux hommes, par 2,5 pour ceux qui rapportaient un asthme à T1 et par 2,1 pour ceux qui étaient consommateurs actuels de cannabis, après ajustement sur l’âge, le sexe, et l’asthme ou l’allergie rapportés par les sujets.
  • Aucune relation n’était trouvée entre la prescription d’anti-asthmatiques et le tabagisme (odds ratio ou OR:1,20 [0,78-1,85]) mais une relation existait entre elle et la consommation courante de cannabis (OR:1,71 [1,06-2,77]) après ajustement sur les précédents paramètres associés à l’IMC, le tabagisme et le niveau d’éducation.

Financement

L’étude a été financée par des fonds publics norvégiens.