Les laits hypoallergéniques ne protègent pas les nourrissons contre les symptômes allergiques


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Contenant des protéines partiellement hydrolysées, les préparations infantiles hypoallergéniques sont censées protéger contre le développement d’allergies les nourrissons non ou partiellement allaités et à risque d’avoir une ou des allergies plus tard dans leur vie (nourrissons dont au moins un parent ou un membre de la fratrie a des antécédents d’allergie). Or, il existe peu de données sur cet effet supposé dans les conditions réelles d’utilisation de ces préparations, d’où une controverse sur leur intérêt. Ainsi, les sociétés américaine et suisse de pédiatrie viennent de retirer leurs recommandations.

Une équipe de chercheurs de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) a suivi pendant deux ans 11.720 enfants de la cohorte française ELFE (Étude longitudinale depuis l’enfance), qui cherche à établir les relations entre facteurs environnementaux et développement des enfants. 

Dans cette population, ils ont établi que 5% des enfants âgés de deux mois consommaient des préparations dites hypoallergéniques, mais que la moitié d’entre eux n’avait aucun antécédent familial d’allergie justifiant cette prescription. En examinant l’apparition éventuelle de symptômes d’allergie respiratoire (sifflements, asthme), alimentaire ou d’eczéma, ils ont montré que ces mêmes enfants n’avaient bénéficié d’aucun effet protecteur à l’âge de deux ans à l’égard d’une allergie. Au contraire, l’utilisation des préparations avec label « hypoallergénique » était associée à un risque plus élevé de sifflements respiratoires à l’âge d’un an chez les enfants à risque et d’allergies alimentaires à l’âge de deux ans, chez les enfants à risque comme chez les autres.

Pour les auteurs, ce résultat plaide en faveur du nouveau règlement européen, qui entrera en vigueur en 2021 et qui imposera la réalisation d’études cliniques pour pouvoir éventuellement qualifier ces préparations d’hypoallergéniques.