Les jeunes et futurs médecins vent debout contre un projet de conventionnement sélectif

  • Benoît Thelliez

  • JIM Actualités métier
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Paris, le vendredi 12 janvier 2018 - Une proposition de loi défendue par le groupe Nouvelle Gauche (NG), présentée le 10 janvier devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale par le député de Mayenne Guillaume Garot, a fortement agité la profession qui a réagi comme un seul homme, soutenant les internes et jeunes médecins dans leur rejet du texte. Il faut dire que toute atteinte à la liberté d'installation par l'instauration d'un conventionnement sélectif pour lutter contre les déserts médicaux, puisque c'est ici le cœur de la proposition de loi, provoque en général une vague d'indignation forte et au sein de toute la médecine libérale qui rejette unanimement et avec constance cette possibilité à chaque fois qu'elle revient sur le tapis.

Estimant que toutes les mesures incitatives mises en place ces dernières années n'avaient pas donné les résultats escomptés, le député mayennais a donc défendu le principe d'un « conventionnement territorial » qui permettrait de limiter les installations de praticiens libéraux supplémentaires dans les zones dites « en fort excédent » d'offre de soins telles que définies conjointement par les Agences régionales de santé (ARS) et les syndicats. Dans les faits, tout médecin libéral qui voudrait s'installer dans l'un de ces territoires ne pourrait être conventionné qu'en cas de cessation de l'activité de l'un de ses confrères dans cette zone. Selon Guillaume Garot, ce dispositif serait le seul à même d'enrayer la progression des déserts médicaux et des pertes de 900 millions à 3 milliards d'euros pour l'État telles que les estimait la Cour des comptes dans un récent rapport.

L'incitation plutôt que la coercition

d'un coup de plus porté à une médecine libérale déjà en souffrance et peinant à recruter de jeunes médecinsil n'existe pas de zones sur-dotées en médecins en Franceles centres urbains sont eux aussi en difficultédéveloppement d'une médecine à deux vitesses

soutien total aux jeunes et futurs médecinsles mesures incitatives commençaient à porter leurs fruits et qu'il fallait leur laisser du temps pour pouvoir juger de leur efficacité