Les IPP au long cours associés à un doublement de la mortalité chez les patients transplantés rénaux

  • Douwes RM & al.
  • PLoS Med
  • 1 juin 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Le suivi de deux larges cohortes indépendantes de patients transplantés rénaux montre que l’usage au long cours d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), fréquemment prescrits pour prévenir les effets indésirables des traitements immunosuppresseurs, double le risque de mortalité, par rapport à ceux qui n’en utilisent pas.
  • Ce risque est plus important pour des doses élevées, supérieures à 20 mg d’équivalents oméprazole/j.
  • Cette augmentation du risque de mortalité semble associée aux maladies cardiovasculaires et aux maladies infectieuses et incite à revoir la balance bénéfice/risque des IPP au niveau individuel au sein de cette population.

 

Pourquoi est-ce important ?

Les IPP sont fréquemment prescrits aux receveur de greffons rénaux pour prévenir les troubles gastro-intestinaux engendrés par les traitements immunosuppresseurs et leur usage se poursuit généralement sur la durée. Ces molécules ayant été associées à un sur-risque de mortalité chez les sujets âgés et chez les dialysés, une équipe belge s’est intéressée à l’impact de cet usage au long cours sur la mortalité des patients transplantés rénaux.

Méthodologie

Cette étude de cohorte prospective a inclus 703 patients ambulatoires ayant reçu un greffon à l’hôpital de Louvain (Belgique) et stabilisés au plan médical. Les résultats ont ensuite été confirmés sur une cohorte de validation indépendante de receveurs d’un greffon rénal dans le même hôpital.

Résultats

  • Au sein de la cohorte test, l’âge moyen était de 53 ans. Elle était composée majoritairement d’hommes (57%), diabétiques pour 23,9% d’entre eux, dont la majorité (56,6%) prenait des IPP. Le greffon provenait d’un donneur décédé dans 65,9% des cas.
  • Au cours de la durée du suivi (durée médiane de 8,2 ans), l’analyse de la régression de Cox a fait apparaître un quasi-doublement du risque de mortalité prématurée chez les sujets qui prenaient des IPP par rapport à ceux qui n’en prenaient pas (Hazard ratio (HR) 1,86 [1,38-2,58], p
  • L’ajustement sur les facteurs confondants (âge, IMC, débit de filtration glomérulaire, protéinurie, durée depuis la transplantation, greffe préemptive, greffon de donneur décédé, maladie rénale primaire), ne modifiait que peu cette association (HR 1,68 [1,21-2,33], p=0,002). Et ces résultats ont été confirmés au sein de la cohorte de validation (n=656, 50,2% sous IPP, durée de suivi médiane de 3,7 ans).
  • L’analyse de la mortalité cause spécifique a montré que les décès étaient plus souvent liés aux décès d’origine cardiovasculaire (HR 2,42 [1,43-4,08], p
  • De plus, le risque de mortalité prématurée apparaissait plus important chez les sujets qui prenaient des doses élevées (plus de 20 mg d’équivalent oméprazole par jour), avec un HR de 2,14 [1,48-3,09] (p

Limites

Les sujets inclus dans les deux cohortes étaient principalement d’origine caucasienne.

La nature observationnelle de l’étude ne permet pas d’établir un lien de cause à effet avec certitude.