Les inhibiteurs de Janus Kinase : utilisations actuelles et futures


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Si la polyarthrite rhumatoïde (PR), la rectocolite hémorragique (RCH) et le rhumatisme psoriasique sont actuellement les trois seules pathologies -en dehors de l’hématologie- pour lesquelles les inhibiteurs de JAK (JAKi) ont été approuvés par la FDA (Food and Drug Administration) et l’EMA (European Medicines Agency), ces derniers pourraient à l’avenir être utilisés dans bien d’autres pathologies. Une revue de la littérature publiée dans La Revue de médecine internea fait le point sur les utilisations actuelles et à venir de ces traitements. 

Comment les inhibiteurs JAK agissent-ils? 

Ces thérapies ciblées inhibent la voie de signalisation JAK/STAT (Janus Kinase/Signal Transducers and Activators of Transcription), qui est une voie commune de signalisation pour de nombreuses cytokines pro-inflammatoires ou pro-fibrosantes. Initialement, il était envisagé d’utiliser les JAKi avant tout pour leur action immunosuppressive dans l’allogreffe d’organes. En 2012, le tofacitinib a cependant été approuvé dans la PR par la FDA, puis dans le rhumatisme psoriasique en 2017 et dans la RCH en 2018. Actuellement trois JAKi sont enregistrés par la FDA et l’EMA :

  • Le tofacitinib (inhibiteur JAK1/JAK3) a trois indications : (1) dans la PR active, modérée à sévère, en association avec le méthotrexate chez les sujets insuffisamment répondeurs ou intolérants aux DMARD ; (2) dans le rhumatisme psoriasique actif en association au méthotrexate chez les sujets insuffisamment répondeurs ou intolérants aux DMARD ; (3) et dans la RCH active modérée à sévère chez les patients insuffisamment répondeurs ou intolérants à une thérapie conventionnelle ou un agent biologique.
  • Le baricitinib (inhibiteur de JAK1/JAK2) est indiqué dans la PR  active, chez les patients insuffisamment répondeurs ou intolérant aux DMARD. Le baricitinib peut être utilisé en monothérapie ou en association avec le méthotrexate.
  • Le ruxolitinib (inhibiteur JAK1/JAK2) est indiqué, lui, dans la myélofibrose et la maladie de Vaquez.

Autres pathologies ciblées par la recherche 

Des JAKi sont actuellement étudiés dans plusieurs pathologies, dont différentes formes de lupus, dans le syndrome de Gougerot-Sjögren, la sclérodermie systémique, les myosites inflammatoires, ainsi que dans la maladie de Crohn, l’artérite à cellules géantes, la spondyloarthrite ankylosante, l’uvéite non infectieuse, la maladie de Horton, ... 

Bien que des données montrent que les JAKi pourraient avoir un intérêt dans la maladie de Behçet, aucun essai ne semble engagé à ce jour. Un essai clinique débutera prochainement avec le baricitinib dans le syndrome d’Aicardi-Goutières (syndrome auto-inflammatoire). Enfin, d’autres études pourraient voir le jour notamment dans la sarcoïdose.