Les hypolipémiants auraient-il un intérêt seulement à partir d’un certain taux de LCLc ?

  • Navarese EP & al.
  • JAMA
  • 17 avr. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une méta-analyse et méta-régression de 34 études montre que par rapport à une stratégie moins soutenue, un traitement intensif diminuant les taux de LDLc serait associé à une plus forte réduction du risque global de mortalité et de mortalité cardiovasculaire chez les patients ayant des taux de LDL-c initialement élevés. En revanche, ces associations n'ont pas été retrouvées lorsque les taux de LDLc étaient inférieurs à 100 mg/dL, ce qui suggère que le plus grand bénéfice d’un traitement intensif diminuant les taux de LDLc se retrouverait chez les sujets ayant des taux de LDLc initialement élevés. 

Pourquoi est-ce important ?

De nombreuses études ont mis en évidence le bénéfice des statines sur les évènements cardiovasculaires dans leur ensemble, et l’impact incrémental des stratégies intensives permettant de diminuer les taux de LDLc. En revanche, il existe moins de données sur l’intérêt de ces stratégies sur les risques de mortalité globale et cardiovasculaire. Enfin, au cours du temps, les taux de LDLc initiaux ont progressivement diminué dans les essais cliniques. Il était donc important d’évaluer l’impact des traitements hypolipémiants en fonction des taux de LDLc à l’inclusion.

Principaux résultats

Sur les 34 essais identifiés, 136.299 patients ont reçu un traitement hypolipémiant (LDL-c) intensif et 133.989 un traitement moins intensif. La mortalité toute cause était inférieure chez ceux ayant bénéficié du traitement le plus intensif (7,08% vs 7,70%, ratio de risque (RR) 0,92 [0,88-0,96]), mais variait selon le taux de LDL-C à l’inclusion. L’analyse par méta-régression a montré que les individus ayant un taux de LDL-c élevé à l’inclusion et traités de manière plus intensive avaient une diminution plus importante de la mortalité toute cause (RR pour toute augmentation de 40 mg/dL à l’inclusion 0,91, p=0,001, soit une différence de risque de -1,05 cas/1.000 patients-années). Cela était cependant constaté seulement lorsque les taux de LDL-c à l’inclusion étaient ≥ à 100 mg/dL.

Le même type d’analyse sur le risque de mortalité cardiovasculaire a montré que celui-ci était inférieur chez les individus sous traitement hypo-LDLc intensif vs un traitement moins intensif (3,48% vs 4,07%, RR 0,84 [0,79-0,89]). Ce résultat variait également en fonction du niveau de LDL-c à l’inclusion. Ainsi, toute augmentation du taux de LDLc de 40 mg/dL était associée à un RR de 0,86, p

Les traitements hypo-LCLc chez les sujets présentant des taux de LDLc élevés à l’inclusion étaient également associés à une diminution du risque d’infarctus du myocarde, de revascularisation et d’événement cardiovasculaire majeur (MACE pour MAjor Cardiovasculaire Events).

Méthodologie

Les essais retenus devaient être randomisés, avoir inclus au moins 1.000 patients recevant un traitement pharmacologique pour diminuer les taux de LDLc  (minimum de 48 semaines ; statines ou non, monothérapie ou en association), et avoir évalué la mortalité globale et cardiovasculaire.

Principales limitations

Les données ont été analysées au niveau des essais cliniques et non des individus. Seul le résultat principal des études a été retenu. 

Financements

Non spécifiés.