Les gens du Nord plus à risque de carence en vitamine D

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Au-delà de ses effets prouvés sur le muscle et le squelette, la vitamine D aurait également des effets bénéfiques sur l’immunité, le risque cardiovasculaire, certains cancers et sur les infections. Le déficit en vitamine D est de fait un sujet récurrent dans l’actualité médicale. Si celui-ci est bien identifié chez les populations à risque, il n’existe que très peu de données pour les adultes sains. Des chercheurs ont évalué la prévalence et les facteurs de risque d’insuffisance en vitamine D.

Méthodologie

  • Étude épidémiologique descriptive, prospective, monocentrique menée dans le Nord-Pas-de-Calais.
  • Le recrutement des sujets s’est fait via la base de données Naturalpha par envoi de mails.
  • Les sujets inclus devaient être sains, hommes ou femmes, âgés de18 à 65 ans et ne devaient pas présenter d’antécédents médico-chirurgicaux, ni prendre de traitements modifiant le métabolisme phosphocalcique, ni être enceintes ou allaiter.
  • Les supplémentations vitaminiques étaient autorisées hors cadre thérapeutique.
  • Chaque sujet bénéficiait d’une visite unique qui comprenait le remplissage d’un auto-questionnaire de 19 questions regroupées sous trois axes : morphotype et cadre socioéconomique, exposition solaire, alimentation et supplémentation vitaminique), la réalisation d’un examen médical et d’un dosage sanguin pour mesurer la 25(OH)D (D2+D3).
  • Pour cette étude, les experts ont considéré les définitions suivantes : déficit sévère en vitamine D si le taux sérique était <10 ng/ml, déficit modéré si <20ng/mL, déficit léger si <30ng/mL et concentration normale en vitamine D si ≥30ng/mL.

Résultats

  • Au total, 297 sujets ont été analysés, 127 hommes (42,8%) et 170 femmes (57,2%), l’âge moyen était de 37,6 ans et l’IMC moyen de 24,9 kg/m2. Le nombre de bénéficiaires de la CMU était de 19,5%. Aucune différence significative entre les hommes et les femmes n’a pu être mis en évidence sur les critères anthropométriques.
  • Sur ces 297 sujets, 92,3% (n=274) présentaient un taux de vitamine D <30 ng/mL, 75,1% (n=223) un taux <20 ng/mL, et 27,9% (n=83) un taux <10mg/mL. Le taux moyen en vitamine D sur l’ensemble des sujets évalués était de 15,5 ng/mL [4-55,9].
  • Plusieurs variables ont été retenues pour l’analyse multivariée (car p≤0,2) : l’âge, le sexe, être bénéficiaire ou non de la CMU, l’exposition solaire liée au travail, l’utilisation de crème solaire, la fréquence des vacances en région ensoleillée, les zones exposées au soleil, la consommation de produits laitiers, la supplémentation vitaminique sur automédication ou sur ordonnance.
  • L’analyse multivariée au seuil de 20 ng/mL a montré que 4 facteurs ressortaient de manière significative : le sexe masculin (odds ratio ajusté (ORa) : 3,84, p=0,0001), l’âge (ORa : 0,97, p=0,012), la fréquence des vacances en région ensoleillés (ORa : 0,48, p=0,03) et la prise de supplémentation vitaminique sur ordonnance (ORa : 0,2, p=0,002).

Limitations

  • Tous les sujets ont été recrutés entre les mois de janvier et février, or il est admis que les taux de vitamine D sont plus bas à cette période.
  • La population évaluée est issue d’une région qui regroupe un certain nombre de facteurs de risque. Les résultats ne sont donc pas transposables à la population française globale.

À retenir

La prévalence de l’insuffisance en vitamine D est importante en région Nord-Pas-de-Calais, et ce, quel que soit le seuil considéré (10, 20 ou 30 ng/mL). Les adultes consultants leurs médecins pourraient bénéficier d’une supplémentation pharmacologique sur prescription au moins durant les mois d’hiver dans cette région. Les autres devraient respecter les apports recommandés entre 600 et 800 UI/j selon l’Institute of Medecine et consommer des aliments enrichis ou des compléments alimentaires.