Les françaises se détournent de la contraception hormonale…

  • Serfaty D
  • Gynecol Obstet Fertil Senol
  • 18 juin 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Quel est le constat ?

Si en France en 2010, 40,6% des femmes de 15 à 49 ans prenaient une pilule oestroprogestative (EP), elles n’étaient plus que 33,2% en 2016. Cette décroissance touche plus spécifiquement les pilules de 3et 4génération, sans pour autant épargner les deux premières générations. Les autres contraceptions EP (patchs et anneaux), ainsi que les implants progestatifs, les systèmes intra-utérins au lévonorgestrel (LNG) et la contraception d’urgence, ont eux aussi nettement diminué. La mini-pilule EP (20 µg Étinylestradiol ou EE + 100 µg de LNG) continue à résister et les micropilules progestatives pures présentent une progression passant de 8 millions de plaquettes en 2011 à 13 millions en 2017. Seul rescapé le dispositif intra-utérin au cuivre qui a lui a fortement progressé entre 2016 et 2017.

Pourquoi cette méfiance ?

L’auteur mentionne trois évènements médiatiques qui pourraient être en lien avec le rejet de la contraception hormonale par les françaises. Le premier est le French Pill Scare de 2012-2013 : une femme prenant une pilule de 3génération a eu un accident vasculaire cérébral la laissant lourdement handicapée, on apprendra plus tard que cette jeune femme présentait une thrombophilie contre-indiquant la contraception EP. Ce fait aboutira au déremboursement des pilules de 3et 4génération. Le second événement fut l’affaire du système intra-utérin (SIU) Mirena® (lévonorgestrel) qui fut accusé de favoriser des altérations psychiques incluant dépression, anxiété, nervosité. Bien que le PRAC de l’European Medicine Agency disculpera le SIU quelques mois plus tard, le message avait atteint l’opinion publique. Enfin, le troisième événement fut la parution en 2017 d’un livre intitulé « J’arrête la pilule », où la 4de couverture met en avant l’allégation suivante : « Il devient difficile de fermer les yeux sur les effets de la contraception hormonale, produit cancérigène de première catégorie, perturbateur endocrinien et véritable castration chimique… » . Ces trois évènements médiatiques ont favorisé la mauvaise opinion des françaises au sujet de la contraception EP.

Et l’avenir …

À travers son éditorial David Serfaty montre que nous assistons à « un tournant dans l’histoire de la contraception moderne en particulier de la pilule (considérée jusque-là comme le plus grand acquis des femmes après le droit de vote). » Pour autant, l’auteur invite à écouter les inquiétudes des femmes et à y répondre en se basant sur l’evidence based medicine car les conséquences individuelles et sociétales de ces changements pourraient être importantes.