Les faux positifs du dépistage du cancer du sein, reparlons-en !

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Lors du dépistage du cancer du sein par mammographie, une approche personnalisée est recommandée, qui doit intégrer le rapport bénéfices/risques et en particulier la possibilité de faux positifs et faux négatifs. Cette approche individualisée nécessite de prendre en compte, pour chaque femme, différents facteurs de risque tels qu'une mutation génétique ou un syndrome héréditaire, des antécédents de néoplasie mammaire ou de lésions de haut grade, une irradiation thoracique, une histoire familiale, notamment chez les proches au premier degré. Elle implique aussi d'intégrer dans la prise de décision d'effectuer ou non un dépistage d'autres facteurs comme l'âge, un traitement hormonal de la ménopause par œstroprogestatifs, l'utilisation régulière de contraceptifs oraux, une forte densité mammaire ou encore, chez les femmes ménopausées, l'indice de masse corporelle (IMC).

Mammographie pour 400 000 femmes américaines de 40 à 89 ans

H D Nelson, dans un travail publié récemment dans les Annals of Internal Medecine, a tenté de quantifier le nombre de faux positifs et de faux négatifs ainsi que celui des imageries et des biopsies complémentaires en cas de dépistage par mammographie numérique dans la population féminine générale des Etats Unis. L'auteur s'est aussi efforcé de préciser comment ces taux variaient en fonction de différents paramètres, facteurs de risque individuels, âge et délai par rapport à la dernière mammographie notamment. Ce travail s'est basé sur les données collectées en 8 ans par le Breast Cancer Surveillance Consortium (BCSC) qui est un réseau collaboratif de différents registres de mammographies, disséminé à travers tous les USA, sous l'égide du National Cancer Institute. Les données d'imagerie ont été croisées avec celles issues des programmes régionaux de surveillance et des registres nationaux des tumeurs. La cohorte inclut 405 191 femmes, âgées de 40 à 89 ans, qui avaient eu un dépistage de routine par mammographie numérique entre 2003 et 2011 et, dans le même temps, répondu à un questionnaire à la fois sociodémographique et médical. Seules avaient été retenues les mammographies pratiquées en vue d'un dépistage, avec un délai supérieur à 9 mois par rapport à un examen antérieur, chez des femmes sans antécédent de cancer du sein, augmentation du volume mammaire ou mastectomie. Une mammographie préalable devait en outre avoir été effectuée dans les 30 mois précédents. Les résultats ont été standardisés et évalués selon la 4e édition de l'Atlas de l'American College of Radiology- BI RADS. L'analyse porte sur le nombre de faux positifs et faux négatifs ainsi que sur le nombre d'imageries et de biopsies complémentaires. Les relations avec les différents facteurs de risque et la densité mammaire ont été examinées, en séparant schématiquement les seins presque totalement graisseux ou d'allure fibro glandulaire disséminée des seins extrêmement denses ou de densité hétérogène. Enfin l'impact du délai séparant les 2 dernières mammographies a été analysé.

Des faux positifs surtout entre 40 et 49 ans

Il apparaît que le taux de faux positifs est conséquent dans toutes les tranches d'âge, culminant toutefois entre 40 et 49 ans (121,2/1 000 femmes dépistées; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 105,6 - 138,7) puis s'abaissant progressivement avec l'âge (p< 0,001).

Le taux de faux négatifs est nettement plus faible, compris entre 1,0 et 1,5/1 000, sans diffé...