Les facteurs de risque de gonarthrose varient-ils en fonction de la localisation de l’atteinte ?

  • Wei J & al.
  • Osteoarthr Cartil
  • 29 déc. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Une étude s’est intéressée aux différences d’hétérogénéité étiologique entre l’arthrose radiologique interne et externe. Il y aurait notamment trois fois plus de risque qu’une femme développe une gonarthrose tibio-fémorale externe par rapport à un homme, alors que le risque n’était pas différent entre les deux sexes pour la gonarthrose interne. L’obésité augmenterait le risque d'atteinte interne de 78% par rapport à l'externe. La présence d’un genu varuaugmenterait très fortement la gonarthrose interne et le genu valgul’atteinte externe. Enfin, l’augmentation de l’âge favoriserait la gonarthrose interne et externe avec une association plus forte vis-à-vis de l’atteinte externe.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Si l’arthrose a longtemps été considérée comme une seule entité bien déterminée, les preuves s’accumulent démontrant que plusieurs sous-types distincts pourraient exister. Récemment, le concept d’ « hétérogénéité étiologique » est apparu suggérant qu’il existerait des différences dans les facteurs de risques associés aux sous-types de gonarthrose. Aucune des nombreuses études dédiées aux facteurs de risque de l’atteinte articulaire n’avait jusqu’à présent considéré le prisme de l’hétérogénéité étiologique. Or, une meilleure compréhension de ces éventuelles spécificités pourrait guider la mise en place de mesures préventives et curatives ciblées.

Méthodologie

Les genoux d’individus sans arthrose à l’inclusion ont été suivis durant 60 mois à travers la Multicenter Osteoarthritis Study (MOST) et durant 48 mois à travers l’Osteoarthritis Initiative (OAI). Une gonarthrose interne ou externe était définie par le premier développement d’une atteinte radiologique constatée sur l'une de ces localisations (score de Kellgren and Lawrence ≥2 et la présence d’au moins un pincement de l’interligne articulaire (JSN)).

Principaux résultats

Les participants de MOST étaient majoritairement des femmes (58,9%), d'origine caucasienne (86,2%), et l'âge moyen était de 61,5 ans. L’IMC moyen des participants était de 29,7 kg/m2, avec 40,1% de sujets en surpoids et 42,1% obèses.

Près d’un tiers avaient des antécédents de traumatisme au genou, 48,4% un genu varuet 24,7% un genu valgum.

Sur les 60 mois de suivi de l'étude MOST, 436 genoux sans arthrose tibio-fémorale à l'inclusion sur 3.411 genoux inclus ont développé une gonarthrose interne et 162 une gonarthrose externe.

  • Le sexe féminin multipliait le risque de gonarthrose externe par un facteur 2,59.
  • L’obésité augmentait le risque de gonarthrose interne par 2,97 et le risque de gonarthrose externe par 1,52 (soit un ratio de risque de 1,95, p=0,03) entre les deux. 
  • La présence d’un genu varuà l’inclusion augmentait le risque de gonarthrose interne de 59% mais diminuait le risque de gonarthrose externe (RR=0,28) ; a contrario, un genu valguà l’inclusion augmentait le risque de gonarthrose externe de 97% mais diminuait le risque de gonarthrose interne (RR=0,40).

Durant les 48 mois de suivi de l'étude OAI, 308 genoux sur 5.860 genoux sans gonarthrose à l'inclusion ont développé une atteinte interne et 83 une atteinte externe. L’hétérogénéité étiologique était similaire à celle mise en évidence dans l’étude MOST. 

Lorsque les données des deux études ont été compilées, l’âge élevé, le sexe féminin et la présence d’un genu valgufavorisaient plus fortement le risque d’une gonarthrose externe qu'interne. L’obésité et la présence d’un genu varuétaient plus souvent associés à une gonarthrose interne qu’externe. 

Aucune hétérogénéité étiologique n’a été mise en évidence en ce qui concerne l’origine ethnique, un antécédent de traumatisme du genou ou la présence d’une arthrose au genou controlatéral.

Principales limitations

Bien que l’effectif des cohortes ait été important, le nombre de participants par sous-types n’était pas très élevé.