Les évènements indésirables graves sous tocilizumab sont-ils fréquents chez les enfants ?

  • Aeschlimann FA & al.
  • Semin Arthritis Rheum
  • 30 mai 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Des chercheurs et cliniciens de l’hôpital Necker et de l’hôpital Robert Debré ont mis en évidence sur une cohorte d’enfants souffrant de maladie rhumatismale inflammatoire et traités par tocilizumab qu’il existait :

  • Un risque d’évènements indésirables graves (principalement des infections et des manifestations à l’injection) chez un quart de ces enfants.

Le jeune âge à l’apparition des premiers symptômes de la maladie et le fait de présenter une forme active au moment de l’injection rendaient les patients plus susceptibles d’avoir ce type d’évènements indésirables graves. Les auteurs invitent à une surveillance attentive et continue des enfants traités par tocilizumab dans ce contexte clinique.

Pourquoi ces résultats sont intéressants

Il existe peu de données sur la tolérance et la sécurité à long terme du tocilizumab chez l’enfant, d’où l’intérêt de cette étude qui permet non seulement de mesurer l’incidence de ces évènements mais également de les qualifier.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a inclus tous les enfants diagnostiqués pour maladie rhumatismale inflammatoire et ayant reçu une dose de tocilizumab au sein de deux centres français de rhumatologie pédiatrique entre janvier 2007 et juin 2019. Les données ont été recueillies viala base de données du Centre de référence des Maladies Rares. L’objectif était de rechercher tout évènement indésirable grave – c’est-à-dire tout évènement engageant le pronostic vital de l’enfant et/ou conduisant à une hospitalisation ou entraînant un handicap permanent ou l’arrêt du traitement.

Principaux résultats

Au total, 104 enfants (61% de filles, âge au diagnostic 4,1 ans, durée moyenne des symptômes 2 ans) ont été inclus. Parmi ces enfants, ils étaient autant à souffrir d’arthrite juvénile idiopathique systémique que polyarticulaire (41% dans les 2 cas), 12% présentaient d’autres maladies auto-inflammatoires et 6% avaient d’autres types de maladies. Près de 80% des enfants étaient concomitamment traités par prednisone et/ou agent biologique avant de recevoir le tocilizumab. Le tocilizumab était administré par voie intraveineuse chez 100 patients. Pour deux tiers de ces sujets, le traitement avait été initié à raison d’une injection de 8-12 mg/kg toutes les 2 semaines et pour un tiers à raison d’une injection de 8-10 mg/kg toutes les 4 semaines. Très peu d’enfants ont reçu des doses supérieures aux doses maximales recommandées de 12 mg/kg. Le traitement par tocilizumab avait été initié 1,6 ans avant (en valeur médiane).

Un quart de la population a eu des évènements indésirables (33 évènements au total), soit une incidence annuelle de 15,3 évènements pour 100 patients-année. Ceux-ci comprenaient principalement des infections (7,0/100 patients-année) surtout au niveau cutanée et respiratoire et des réactions à la perfusion (3,7/100 patients-année). Ces dernières survenaient surtout lors des premières injections. 

Les enfants ayant connu des évènements indésirables graves étaient significativement plus jeunes au moment de l’apparition de la maladie et à l’initiation du traitement par tocilizumab. Tous les enfants qui ont eu un évènement indésirable grave, avaient une maladie active au moment de l’injection et ceux qui avaient eu une réaction lors de l’injection étaient plus susceptibles de présenter une maladie systémique ou une autre maladie inflammatoire.

Les manifestations cutanées ont disparu chez deux tiers des enfants avec l’arrêt du traitement par tocilizumab.