Les enseignements des urgences marseillaises suite à l’EURO 2016

  • Noel GN & al.
  • Eur J Public Health
  • 1 juin 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Durant les journées de l’EURO 2016 (10 juin-10 juillet), qui a notamment pris place à Marseille, les 3 services d’urgences hospitalo-universitaires de la ville ont admis quotidiennement en moyenne 102,6 sujets pour blessures, et 7,5 pour alcoolisation. Le taux d’admission pour alcoolisation sur cette période était supérieur à celui des mois précédant ou suivant de 43%. Cette augmentation n’était pas propre aux soirs de match.
  • Les admissions pour blessures n’étaient pas plus nombreuses. Selon les auteurs, ce point, contradictoire avec les données de la littérature, découlerait de la nécessité de choisir un seul codage informatique lors de l’admission du patient.

Pourquoi est-ce important ?

  • Lors des grands évènements sportifs, la coordination des différents services de sécurité et de santé est importante et se fonde notamment sur la surveillance syndromique permettant l’analyse les données informatisées en temps réel ou quasi-réel des services d’urgence. Ce travail montre l’importance des admissions suite aux alcoolisations, sur toute la durée de l’EURO plutôt que seulement les soirs de match.
  • Sur la base de leurs résultats, les auteurs préconisent que les deux paramètres – alcoolisation et blessures - soient combinés dans le cadre de la surveillance syndromique associée aux grands évènements... qu’ils soient sportifs ou non : bien que d’ampleur moindre, un phénomène équivalent sur la même période en 2013, année où Marseille fut Capitale Européenne de la Culture, a été observé par les auteurs.

Principaux résultats

  • Pendant la période de l'EURO 2016, les trois services d’urgence ont totalisé en moyenne 371,3 visites par jour [359,7-382,8] (âge moyen : 44,6 ans, 53,2% d’hommes, 26,5% hospitalisés). Parmi ces visites, 102,6 en moyenne étaient dues aux blessures chaque jour, et 7,5 à une alcoolisation.
  • Les sujets admis pour blessure étaient plus jeunes que ceux admis pour consommation d'alcool (40,5 vs 46,6 ans, pvs 60,1%, OR : 0,313 [0,194-0,504], pvs 16,5%, OR : 1,59 [1,04-2,45], p=0,03).
  • La période de la compétition était associée à une augmentation de 41,5% du nombre de visites liées à l'alcool. Le fait qu’il s’agisse d’un jour de match ou que celui-ci se déroule à Marseille n'était pas associé à une augmentation des visites aux urgences.

Méthodologie

L’étude a exploité les données informatis ées des résumés de passages aux urgences (RPU) des trois services d’urgences hospitalo-universitaires de Marseille.