Les enfants représentent plus du quart des passages aux urgences


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

D’après la dernière enquête nationale sur les structures d’urgences hospitalières, les enfants de moins de 15 ans représentaient 27% de l’ensemble des passages aux urgences en 2013, alors que la part de ce groupe d’âge dans la population générale n’était que de 19%. C’est un taux de recours beaucoup plus élevé que celui des autres classes d’âge, à l’exception des 75 ans ou plus (12% des passages).

Les enfants entre 6 mois à 14 ans se présentent plus souvent aux urgences sur les plages horaires comprises entre 17 et 21 heures par rapport aux patients plus âgés (32% versus 23%) : ce créneau horaire correspond aux sorties de crèche et d’école, à une moindre disponibilité des médecins de ville, à une plus grande disponibilité des parents après les horaires de travail et à leur craintes à l’approche de la nuit. 

Une prise en charge avec moins d’actes que chez les adultes

La traumatologie est le principal motif de recours : 49% pour l’ensemble des enfants, et même 60% pour ceux de 5 ans ou plus, versus 35% pour les 15-74 ans.

Les enfants de 6 mois à 14 ans attendent en moyenne autant que les patients plus âgés, soit au moins une heure entre leur enregistrement et le début des soins pour respectivement 27% et 28% d’entre eux.

Les actes les plus pratiqués sont l’imagerie conventionnelle (ce qui n’est pas surprenant étant donné l’importance de la traumatologie), les pansements, points de suture et immobilisation d’un membre, ainsi que la prescription d’aérosols. À noter que le recours à la radiographie est moindre que pour les adultes, conformément aux recommandations de bonne pratique. 

En définitive, la prise en charge des enfants aux urgences comporte moins d’actes que pour les adultes, ce qui favorise une moindre durée de passage. Quand ils rentrent à leur domicile, elle est supérieure à 3 heures pour 17% d’entre eux, soit moitié moins que pour les adultes (34%). Quand ils sont hospitalisés après leur passage aux urgences, elle dépasse 3 heures pour 42% d’entre eux, contre 72% pour les adultes. La durée d’obtention d’un lit est plus courte, dépassant une heure pour seulement 16% d’entre eux, contre 28% des 15-74 ans. 

Une durée d’attente moindre pour les nourrissons

Les enfants de moins de 6 ans représentent 6% de la population pédiatrique reçue aux urgences (alors qu’ils ne représentent que 2% de la population générale). Pour 38% d’entre eux, une démarche auprès d’un généraliste a précédé le passage aux urgences, alors que cette proportion n’est que de 21% pour les enfants de 10 à 14 ans (elle diminue avec l’âge). Les motifs de recours sont différents de ceux des enfants plus âgés : pleurs incoercibles, troubles alimentaires, fièvre, sifflements respiratoires. La traumatologie ne représente que 9% des motifs de recours. Vraisemblablement parce que la rapidité de l’intervention est cruciale chez cette population fragile, le délai d’attente est plus court que pour les autres enfants : le délai d’attente entre l’enregistrement et le début des soins dépasse une heure pour 20% d’entre eux (versus 27% pour l’ensemble des enfants). Les analyses biologiques sont plus fréquentes (24% des nourrissons, versus 14% au-delà de 6 mois) et ils sont plus souvent hospitalisés (25%, versus 8% chez les enfants de 5 ans ou plus).