Les crises psychogènes non épileptiques, méconnues des psychiatres et parfois des neurologues

  • Dr Jean-Claude Lemaire

  • JIM Actualités médicales
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Les crises psychogènes non épileptiques (CPNE), également appelées crises dissociatives ou fonctionnelles, se caractérisent par des manifestations cliniques motrices, sensorielles, végétatives, psychologiques et/ou cognitives d'apparition soudaine et qui sont transitoires.

Ces crises ont donc l'apparence sémiologique de crises d'épilepsie et c'est le diagnostic qui est posé pour la plupart des patients qui sont hélas traités pour cette indication, mais sans succès. Contrairement aux crises épileptiques auxquelles elles font penser, dans le cas des CPNE, il n'y a d'association concomitante à une décharge neuronale corticale excessive, ce que démontre l'examen en vidéo-EEG lorsqu'il est pratiqué.

42 % des psychiatres n'en ont jamais entendu parler…

Une enquête par courriel a été menée auprès des psychiatres français pour évaluer leur degré de connaissance de cette pathologie et savoir comment elle est perçue en utilisant un questionnaire standardisé (Brief Illness Preception Questionnaire).

Près de 1 250 réponses ont été reçues dont 963 exploitables. Sur cette base, il s'avère que les trois quarts des psychiatres exerçant en France n'ont jamais reçu une forme quelconque d'enseignement sur cette pathologie et que 42 % n'ont jamais pris en charge des malades en souffrant.

Globalement les répondants considèrent que les CPNE constituent une affection chronique ayant un impact significatif sur la qualité de vie de ceux qui en sont atteints.

Si l'importance des traumatismes physiques et psychologiques ainsi que des perturbations émotionnelles (alexithymie) dans l'étiologie des CPNE est relativement bien connue, la compréhension globale de la pathologie n'est que modeste et en termes de troubles de la personnalité associée, l'accent est surtout mis sur l'histrionisme alors que c'est bien plus souvent le type borderline qui est associé aux CPNE.

Tout cela explique probablement la grande difficulté des neurologues à trouver un « référent psy » qui soit au fait de cette pathologie et ainsi à même d'apporter le soutien psychologique adéquat qui est en définitive le véritable traitement efficace.