Les conjoints de personnes atteintes d’un cancer sont à risque d’affections psychiatriques

  • Miriam Davis
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Les conjoints de sujets atteints d’un cancer sont plus susceptibles de développer une nouvelle affection psychiatrique que les conjoints de personnes sans cancer. C’est ce que révèle une étude de cohorte de plus de 3 millions de personnes.
  • L’augmentation du risque est la plus élevée, à 30 %, au cours de la première année suivant le diagnostic de cancer du/de la conjoint(e).
  • L’augmentation du risque est la plus importante pour l’abus de substances, la dépression et les troubles liés au stress, mais pas pour l’anxiété.

Pourquoi est-ce important ?

  • Les résultats suggèrent que les conjoints de sujets atteints d’un cancer doivent être inclus dans la surveillance, le diagnostic et les conseils en matière d’affections psychiatriques.

Méthodologie

  • Une étude de cohorte rétrospective a porté sur 546 321 conjoints de sujets atteints d’un cancer (diagnostiqués entre 1986 et 2016 au Danemark et entre 1973 et 2014 en Suède) comparés à 2 731 574 conjoints de personnes non atteintes d’un cancer à l’aide de plusieurs registres populationnels.
  • Le groupe non exposé (les conjoints de personnes sans cancer) a été apparié au groupe exposé (les conjoints de sujets atteints d’un cancer) par année de naissance, sexe et pays.
  • Critère d’évaluation principal : les affections psychiatriques dans le cadre de soins hospitaliers ou ambulatoires.
  • Financement : Société suédoise du cancer ; Fonds danois indépendant de recherche ; autres.

Principaux résultats

  • La durée de suivi médiane était de 8,4 ans pour le groupe exposé et de 7,6 ans pour le groupe non exposé.
  • Au cours de la période de suivi, 6,9 % des personnes du groupe exposé ont développé des affections psychiatriques pour la première fois contre 5,6 % des personnes du groupe non exposé.
  • Le risque global accru d’affections psychiatriques dans le groupe exposé par rapport au groupe non exposé était de 14 % (rapport de risque corrigé [RRc] : 1,14 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,13–1,16).
  • L’augmentation du risque s’est avérée la plus élevée au cours de la première année suivant le diagnostic de cancer du/de la conjoint(e) (RRc : 1,30 ; IC à 95 % : 1,25–1,34 ; soit une augmentation de 30 %).
  • L’augmentation du risque durant la première année était élevée pour la dépression, l’abus de substances et les troubles liés au stress, mais pas pour l’anxiété :
    • Dépression : RRc de 1,38 (IC à 95 % : 1,30–1,47), soit une augmentation de 38 %.
    • Abus de substances : RRc de 1,19 (IC à 95 % : 1,10–1,27), soit une augmentation de 19 %.
    • Trouble lié au stress : RRc de 2,04 (IC à 95 % : 1,88–2,22), soit une multiplication par 2.
    • Anxiété : RRc de 1,06 (IC à 95 % : 0,95–1,18), soit une augmentation non significative.
  • L’augmentation du risque d’affections psychiatriques dans le groupe exposé par rapport au groupe non exposé était plus élevée pour les cancers plus agressifs (p. ex., cancer du pancréas : RRc de 1,41 ; IC à 95 % : 1,32–1,51), pour les cancers diagnostiqués à des stades avancés et pour les décès dus au cancer.

Limites

  • La méthodologie de l’étude était rétrospective et observationnelle.
  • Biais de surveillance potentiel en raison de l’hypothèse selon laquelle les conjoints des patients atteints d’un cancer avaient un meilleur accès aux soins.