Les conditions météorologiques peuvent-elles influencer la dynamique épidémique ?

  • Wu Y & al.
  • Sci Total Environ
  • 28 avr. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Une étude chinoise menée à partir des données de 166 pays suggère que chaque augmentation de 1°C de la température est associée à une baisse de 3,08% du chiffre des nouveaux cas et à 1,19% de celui des nouveaux décès. L’augmentation de 1% d’humidité relative serait en revanche associée à une diminution de 0,85% et de 0,51% de ces chiffres, respectivement.

 

Si en laboratoire, le virus SARS-CoV-2 semble plus résistant aux températures basses qu’aux température élevées, les premières études publiées sur l’influence des conditions météorologiques en termes de dynamique épidémique restent contradictoires. Une équipe chinoise a bâti une nouvelle modélisation afin de mieux évaluer l’influence de la température et de l’humidité sur cette dynamique.

Pour cela, ils ont utilisé les données recensées par l’OMS pour 166 pays (hors Chine) jusqu’au 27 mars 2020 (509.164 cas et 23.335 décès cumulés). Le modèle a intégré les valeurs quotidiennes de température et d’humidité relevées dans la capitale de chaque pays. Parallèlement, il a été ajusté pour chacun d’eux sur la vitesse du vent, l’âge moyen de la population, l’index GHSI – indice international capable de refléter la capacité nationale de détection et de notification précoces des épidémies –, l’index IDH – qui reflète le niveau de développement humain à partir des données de santé, de niveau d'éducation et de niveau de vie moyen –, et la densité moyenne de la population.

Un modèle en faveur d’une saisonnalité de l’infection

Chaque augmentation de 1°C de la température est apparue associée à une baisse de 3,08% [1,53-4,63] du chiffre des nouveaux cas et à 1,19% [0,44-1,95] de celui des nouveaux décès. L’augmentation de 1% d’humidité relative serait en revanche associée à une diminution de 0,85% [0,51-1,19] et de 0,51% de ces chiffres [0,34-0,67] respectivement.

Différents nombres de jours de décalage ont été testés afin de prendre en considération le delta entre les paramètres météorologiques et le diagnostic, et ont conduit aux mêmes conclusions.

Des analyses de sensibilité ont aussi été menées en excluant les pays ayant déclaré leurs premiers cas moins de 10 jours avant la date de collecte des données et ceux ayant moins de 100 cas (afin d’écarter l’influence des cas importés): elles allaient dans le même sens.

Malgré les limites associées à ce travail (valeurs relevées au niveau de la capitale, délai de notification des cas à l’OMS, nombre sous-estimé de cas, mesures prises par les pays), le modèle proposé semble robuste et en faveur d’une influence intéressante des conditions météorologiques estivales sur les chiffres de l’épidémie… Le SARS-CoV-2 rejoindrait ainsi la famille des virus respiratoires ayant une saisonnalité.