Les comorbidités ont-elles un impact sur la prise en charge et l’évolution des patients souffrant de cancer du côlon ?

  • Clin Res Hepatol Gastroenterol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude française s’est intéressée à la trajectoire de soin et à la survie des patients souffrant de cancer du côlon de stade II et III en fonction de la présence de comorbidités. Les résultats soulignent que la présence d’une comorbidité sévère impacte la réalisation d’une chimiothérapie adjuvante ainsi que la chirurgie, et réduit la survie globale. En revanche elle ne modifierait pas le risque de complications post-opératoires.

Pourquoi ces données sont intéressantes ?

La prise en charge des comorbidités prend de plus en plus de place compte tenu du vieillissement des patients souffrant de cancer. Or, peu d’études se sont intéressées à ce sujet jusqu’à présent. 

Méthodologie

EvaCCoR est une étude prospective observationnelle multicentrique menée dans deux régions françaises (Midi-Pyrénées et Aquitaine) auprès de patients adultes traités pour un cancer du côlon au stade II ou III ayant été diagnostiqués entre le 1erjanvier et le 31 décembre 2010. Les patients ont été sélectionnés de manière rétrospective à partir du passage de leur dossier en réunion de concertation pluridisciplinaire.

Principaux résultats

Au total, les données de 762 patients ont été évaluées. Parmi cette population, 26,4% présentaient des comorbidités sévères et le suivi moyen était de 5 ans. 

Selon les analyses :

  • il n’y avait pas d’interaction entre la présence d’une comorbidité sévère et le stade du cancer au moment du diagnostic ou la survenue d’une complication en post-opératoire;
  • globalement les patients ayant une comorbidité sévère avaient moins de probabilité de recevoir une chimiothérapie adjuvante (association non significative) ;
  • les patients qui présentaient une comorbidité sévère avaient en revanche plus tendance à recevoir une chimiothérapie au-delà du délai recommandé de 8 semaines, et à être traités pour une chirurgie dans un centre public situé dans une grande ville ;
  • les patients qui présentaient une comorbidité sévère avaient un taux de survie globale plus faible avant et après le début de la chimiothérapie. Cet effet était cependant atténué par l’administration d’un traitement adjuvant ;
  • aucune association spécifique n’a été mise en évidence entre la présence d’une comorbidité sévère et les complications post-opératoires (fistules et décès 30 jours après l’opération).