Les cas de tétanos en USI ont un bon pronostic en France

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À retenir

Les cas de tétanos accueillis dans les unités de soins intensifs françaises nécessitent une lourde prise en charge, avec 81% de ventilation mécanique, 66% de bloquants neuromusculaires, et une durée médiane d’hospitalisation de 51 jours. Cependant, leur évolution est globalement bonne par rapport aux données de la littérature nationales ou internationales, avec un taux de décès modéré (14% pendant l’hospitalisation, 13% à 90 jours) et un état fonctionnel relativement préservé.

Pourquoi est-ce important ?

En France, le risque d’infection par le tétanos serait doublé chez les personnes de plus de 65 ans. Ces sujets âgés auraient un risque plus important de souffrir d’un mauvais pronostic et certaines études ont décrit un risque de décès élevé (jusqu’à 50%) chez ceux admis en soins intensifs (USI). Les données 2000-2014 de 22 CHU ont été colligées afin d’avoir une meilleure appréhension du profil et du devenir actuels des cas de tétanos pris en charge dans les USI français. Elles confirment la prévalence majoritairement féminine de la maladie et décrit un relativement bon pronostic de la maladie, quoique différent selon la nécessité ou non de ventilation mécanique.

Principaux résultats

  • Quinze USI ont admis 70 patients (âge médian : 80 ans ; 86% de femmes) souffrant de tétanos au cours de la période d’analyse, dont 63 souffraient d’une forme sévère ou très sévère. La plupart n’étaient pas vaccinés (37%) ou avaient été vaccinés plus de 10 ans auparavant (26%) (statut inconnu : 37%). Dans 44% des cas, l’infection avait été contractée lors d’activités de jardinage. La durée moyenne  et médiane de séjour en USI et à l’hôpital était respectivement de 41 jours et de 51 jours.

  • En termes de prise en charge, 90% des sujets ont été placés sous ventilation mécanique (durée médiane : 36 jours) et 66% ont été trachéotomisés ; 66% ont reçu un agent bloquant neuromusculaire (durée médiane : 23 jours), 81% ont reçu un traitement par immunoglobuline tétanique humaine et 81% ont reçu un traitement antibiotique (durée médiane : 7 jours).

  • En termes de complications, 61% (n=43) ont souffert d’une infection nosocomiale, dix patients (14%) sont décédés au cours de l’hospitalisation, tandis que 9 (13%) et 11 (16%) patients sont décédés à 90 jours et à un an, 45% des décès étant survenus au cours de la première semaine. Aucun décès n’a été recensé parmi les sujets n’ayant pas été placés sous ventilation mécanique. Par ailleurs, lorsqu’il était disponible (n=38), le statut fonctionnel à long terme (suivi médian : 1.385 jours) n’était pas modifié à un an pour 61% des sujets.

  • L’âge constituait un facteur de risque de décès à un an.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a compilé toutes les données d’hospitalisation des cas recensés dans les USI participantes afin d’analyser la présentation clinique, la prise en charge et la survenue de complications. La survie à long terme a été estimée à partir des registres hospitaliers et des données administratives.

Limitations

  • Manque de données concernant le statut fonctionnel pour tous les sujets.

  • Pas de précisions concernant les indications des traitements mis en œuvre.