Les bisphosphonates sont-ils efficaces en cas d’ostéopénie ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude australienne, menée auprès de 2.000 femmes ménopausées ostéopéniques, montrent que le risque de fracture de fragilité vertébrale et nonvertébrale serait significativement plus faible chez les femmes traitées par zolédronate que chez celles sous placebo. Selon ces résultats il faudrait traiter 15 femmes ménopausées par zolédronate 5mg durant 6 ans à raison d’une injection tous les 18 mois, pour prévenir le risque de fracture de fragilité chez une femme.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’efficacité des bisphosphonates dans la prévention des fractures chez des patientes présentant une ostéoporose est bien étudiée. En revanche, leur efficacité en cas d’ostéopénie est moins bien appréciée et le peu de données disponibles sont contradictoires. Or, la plupart des fractures chez les femmes ménopausées surviennent dans un contexte d’ostéopénie. C’est pour cela que les auteurs de cette étude néo-zélandaise ont jugé nécessaire de mener cet essai. Il présente par ailleurs l’intérêt d’avoir été conduit sur une longue durée et avec un pourcentage de participantes important jusqu’à la fin. 

Méthodologie

Il s’agit d’un essai en double aveugle, ayant inclus 2.000 femmes âgées de 65 ans et plus, présentant une ostéopénie (définie par un T score entre -1,0 et -2,5 au niveau de la hanche total ou du col fémoral). Les femmes étaient randomisées pour recevoir quatre injections de zolédronate 5 mg ou de placebo à 18 mois d’intervalle. Il était conseillé aux femmes de prendre 1 g de calcium par jour (non fourni dans l’étude). Par ailleurs, les sujets qui ne prenaient pas déjà de la vitamine D ont été invités à en prendre (dose unique de 2,5 mg à l’inclusion, puis 1,25 mg par mois).

Principaux résultats

Au total, les données de 5.899 femmes-années de suivi ont été analysées. À l’inclusion, l’âge moyen des participantes était de 71±5 ans, le T score au col fémoral était de -1,6±0,5 et le risque de fracture de la hanche à 10 ans de 2,3%.

À 6 ans, les données étaient disponibles pour 97% des participantes du groupe placebo et 96% de celles du groupe zolédronate. Sur l’ensemble de la cohorte évaluée, une fracture de fragilité (vertébrale et non vertébrale) est survenue chez 190 femmes sous placebo (227 fractures) et 122 femmes sous zolédronate (131 fractures), soit un hazard ratio (HR) 0,63 [0,50-0,79], p

Les analyses ont également montré que par rapport aux femmes sous placebo, celles traitées par zolédronate avaient un moindre risque de fracture de fragilité non vertébrale (HR 0,66, p=0,001), de fracture symptomatique (HR 0,73, p=0,003), de fracture vertébrale (odds ratio 0,45, p=0,002) ou encore de diminution de la taille (podds ratio 0,84 [0,70-1,00). Aucun cas de fracture atypique ou d’ostéonécrose de la mâchoire n’a été identifié.

Principales limitations

Cette étude se limite à une cohorte spécifique de femmes âgées de 65 ans et plus présentant une ostéopénie, et les conclusions ne peuvent pas être étendues à une population plus large.