Les bénéfices – et les risques – cardiaques des sports d’endurance

  • Parry-Williams G & al.
  • Nat Rev Cardiol
  • 1 juil. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Les données de morbimortalité sont favorables au bénéfice des athlètes d’endurance sur le plan cardiovasculaire. Certains paramètres biologiques ou fonctionnels suggèrent certains effets moins favorables mais qui ne semblent pas présenter de traduction clinique...

 

L’exercice physique aérobie d’intensité modérée est bénéfique pour la santé et l’espérance de vie, mais qu’en est-il chez les athlètes dont la fréquence de l’activité physique est bien supérieure à celle des recommandations ? Une revue parue dans Nature Reviews Cardiology propose une synthèse des connaissances sur le sujet.

Endurance et mortalité

Une activité régulière permet d’améliorer la capacité cardiorespiratoire de 20 à 40% selon les études, elle réduit l’inflammation et le stress oxydatif et module la fonction vasculaire. L’exercice physique régulier est clairement décrit comme limitant la morbimortalité toutes causes et plus spécifiquement cardiovasculaire. L’OMS recommande une activité minimum de 150 min d’activité d’intensité modérée ou 75 minutes d’activité intense par semaine. Les données suggèrent un lien entre le temps et l’intensité de l’exercice et la réduction de la mortalité. La relation entre la durée des exercices et la réduction de la mortalité est linéaire pour atteindre un plateau pour les activités les plus intensives.

L’exercice accroît cependant le risque de mort subite d’origine cardiaque. Ces évènements constituent d’ailleurs la première cause de décès parmi les jeunes athlètes sans cardiomyopathie. Durant les activité d’endurance, le risque de mort subite concerne principalement les hommes de 35 à 65 ans, du fait d’une rupture de plaque d’athérosclérose dans la majorité des cas.

Adaptation cardiaque à l’exercice

Sur le plan de l’adaptation cardiovasculaire physiologique, plusieurs observations sont rapportées concernant les athlètes pratiquant l’endurance de façon très fréquente (15-20 fois plus que les recommandations de l’OMS) : bradychardie sinusale, épaississement du ventricule gauche et potentiellement droit, augmentation des volumes ventriculaires, bloc auriculo-ventriculaire du premier degré… La survenue et l’ampleur de ces adaptations dépendent de l’âge, du sexe et de l’origine ethnique, ainsi que des paramètres qualitatifs et quantitatifs de l’activité exercée.

Les données concernant un effet potentiellement négatif de l’activité physique d’endurance sont disparates : augmentation transitoire des troponines et du peptide natriurétique de type B, modification transitoire des fonctions ventriculaires, mais l’effet à long terme de ces phénomènes transitoires reste spéculatif, les données longitudinales restant favorables à un bénéfice de l’activité. La prévalence de la fibrose cardiaque, de la calcification des artères semble également plus élevée parmi les athlètes d’endurance que chez les autres, notamment chez les hommes. La formation de plaques d’athérosclérose peut être favorisée par les contraintes mécaniques liées à l’impact cardiovasculaire de l’exercice, mais la valeur pronostique de ces adaptations physiologiques semble faible chez les athlètes.

Si l’exercice pratiqué de manière occasionnel permet de réduire le risque de fibrillation atriale, l’endurance aurait en revanche un effet contraire, notamment chez les hommes de moins de 60 ans, tandis que les femmes seraient peu concernées par cette association.

In fine , malgré la nature de certaines de ces adaptations à l’effort, le pronostic en termes d’espérance de vie est favorable pour ceux pratiquant des exercices d’endurance par rapport aux autres. Il reste encore de nombreuses études à mener, notamment pour comprendre les spécificités liées au sexe, ou mieux investiguer les mécanismes à l’origine de ces évolutions physiologiques.