Les bénéfices de la chirurgie bariatrique sont-ils différents chez les adultes et les adolescents ?

  • Inge TH & al.
  • N Engl J Med
  • 30 mai 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude publiée dans The New England Journal of Medicine montrent que la perte de poids globale est similaire chez les adultes et les adolescents 5 ans après une chirurgie bariatrique. En revanche, les adolescents atteindraient plus souvent la rémission d’un diabète ou d’une hypertension que les adultes, mais auraient subi plus de réinterventions abdominales (causes non spécifiées) et connaîtraient plus de déficits micronutritionnels que les adultes. Cette étude met également en lumière des décès dont la cause est accidentelle (suicides ou overdoses post-chirurgie bariatrique déjà notifiés dans d’autres études). Ces données soulignent la nécessité d’un accompagnement spécifique des adolescents et des adultes en tenant compte de l’augmentation de certains risques post-chirurgie bariatrique.

Méthodologie

Au total, les données de deux cohortes indépendantes ont été comparées : 161 adolescents issus de l’étude Teen-Longitudinal Assessment of Bariatric Surgery (Teen-LABS) et 396 adultes issus de l’étude LABS ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique (bypass gastrique de Roux-en-Y). Ces deux études avaient des méthodologies similaires (prospectives, multicentriques, observationnelles, avec inclusions consécutives). Les adultes sélectionnés avaient des antécédents d’obésité à l’âge de 18 ans ou moins. 

Principaux résultats

Après ajustement, les données ont montré :

  • Qu’il n’y avait aucune différence significative à 5 ans en ce qui concerne le pourcentage de variation du poids entre les adolescents (-26%) et les adultes (-29%), p=0,08. Ainsi, 60% des adolescents et 76% des adultes avaient maintenu une réduction de poids d’au moins 20%.
  • L’amélioration des taux de HDL-c, non-HDL-c, TG durant les 5 années d’étude a été observée chez les adolescents et les adultes sans variations significativement différentes.
  • La prévalence du diabète qui était initialement de 14% chez les adolescents et de 31% chez les adultes avait diminué dès la première année dans les deux groupes pour atteindre à 5 ans 2% chez les adolescents et 12% chez les adultes. À 5 ans, 86% des adolescents et 53% des adultes initialement diabétiques ne l’étaient plus. Par rapport aux adultes, les adolescents avaient 27% de chances supplémentaires d’être en rémission d’un diabète après la chirurgie (p=0,03), et d’atteindre le contrôle glycémique (HBA1c
  • L’hypertension artérielle, plus fréquente chez les adultes que chez les adolescents à l’inclusion, avait également diminué dans les deux populations au cours du suivi. Ainsi, parmi les sujets initialement hypertendus, 68% des adolescents et 41% des adultes ne l’étaient plus à 5 ans. Les adolescents avaient 51% de chances supplémentaires d’être en rémission d’hypertension artérielle à 5 ans.
  • Durant les 5 années de suivi, 20% des adolescents ont subi des interventions intra-abdominales versus 16% des adultes. Dans les deux groupes, dans la moitié des cas, il s’agissait d’une cholécystectomie.
  • Si les taux de ferritine étaient normaux chez 98% des adolescents et des adultes à l’inclusion, 48% des adolescents et 29% des adultes présentaient des taux inférieurs à la normale à 2 ans (p=0,004). Alors que les taux de vitamine B12 étaient normaux pour 99% des sujets à l’inclusion, un déficit a été mis en évidence chez environ 4% des sujets au sein des 2 cohortes. Enfin, alors que 25% des adolescents et 36% des adultes à l’inclusion avaient des taux inférieurs à la normale en 25-hydroxyvitamine D à l’inclusion, ils étaient respectivement 38% et 24% à 2 ans. 
  • Un nombre de décès plus important a été notifié sur la période de suivi chez les adultes (7 versus 3), dont 2 cas d’overdose chez les adolescents et un suicide.  

Principale limitation

Le design observationnel de l’étude.