Les bénéfices d’une rééducation respiratoire chez les sujets âgés atteints de COVID-19

  • Liu K & al.
  • Complement Ther Clin Pract
  • 1 mai 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Cette essai contrôlé randomisé en ouvert montre sur une cohorte de 72 sujets âgés atteints de  COVID-19 pris en charge à l’hôpital du Hainan (Chine) qu’une rééducation respiratoire menée sur 6 semaines permet d’améliorer de façon significative la fonction respiratoire, la qualité de vie, ainsi que le niveau d’anxiété.
  • Elle a en revanche eu peu d’effet sur les symptômes dépressifs, ou sur l’indépendance fonctionnelle dans les activités journalières.

 

Pourquoi est-ce important ?

Les sujets âgés paient le plus lourd tribut à l’infection COVID-19, tant en termes d’incidence de personnes concernées que de mortalité. Pour celles qui  surmontent la maladie, la récupération respiratoire est essentielle pour la reprise des activités quotidiennes et l’obtention d’une qualité de vie satisfaisante. Aussi, la question de l’intérêt d’une rééducation respiratoire, dans cette population qui conserve parfois des lésions fibrotiques résiduelles au-delà de la phase aiguë, se pose au premier plan. C’est ce que s’est proposé d’évaluer une équipe chinoise de l’hôpital général du Hainan. Elle a entrepris de mesurer l’effet de 6 semaines de rééducation respiratoire sur la fonction respiratoire, la qualité de vie, la mobilité, et les symptômes psychologiques de patients âgés après une maladie COVID-19.

Méthodologie

Cet essai randomisé en ouvert a évalué 72 sujets de plus de 65 ans suite à leur sortie d’hôpital. La moitié a suivi une rééducation respiratoire (2 sessions par semaine durant 6 semaines), l’autre n’en a pas bénéficié et a constitué le groupe contrôle. Le critère d’évaluation principal était l’évaluation de la fonction respiratoire à l’issue de ces 6 semaines de rééducation. Des tests évaluant l’endurance (distance de marche en 6 minutes), l’indépendance fonctionnelle dans les activités journalières (score FIM), la qualité de vie (questionnaire SF-36), ainsi que les niveaux d’anxiété et de dépression (scores SAS et SDS respectivement) constituaient les critères secondaires de l’étude.

Résultats

  • À l’issue des 6 semaines de rééducation respiratoire, une différence significative a pu être observée entre la fonction respiratoire des sujets qui en avaient bénéficié et le groupe contrôle. Cette différence se retrouvait sur le volume expiratoire maximal par seconde (VEMS), la capacité vitale forcée (CVF), le rapport VEMS/CVF et la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLco).
  • Concernant les critères secondaires, l’endurance mesurée par la distance de marche en 6 minutes s’est montrée significativement améliorée au sein des patients du groupe intervention aussi bien par rapport à leurs performances avant rééducation respiratoire, que par rapport au groupe contrôle. Une amélioration significative de la qualité de vie, ainsi qu’une réduction des scores d’anxiété ont également été observées dans le groupe intervention par rapport au groupe contrôle.
  • En revanche, il n’y avait pas de différence significative intra- et intergroupe sur les scores de dépression, ni sur l’indépendance fonctionnelle dans les activités journalières.